SHAFIC ABBOUD. Chroniques de la lumière.

Du 23 août au 1er novembre - Château de Ratilly - Bourgogne.

  • ABBOUD, Portrait en mars 1969, Mont Liban.

    Shafic Abboud en mars 1969, Mont Liban. © Photo Sami Karkabi. Succession Shafic Abboud. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABBOUD, Matin à Montsouris.

    Matin à Montsouris, 1973. Huile sur toile, 100 x 100 cm. CR ID500. © Succession Shafic Abboud. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

Shafic Abboud. Chroniques de la lumière. Centenaire de la nais­sance de l’artiste (1926-2004)

Exposition du 20 juin au 1er novem­bre 2026.

https://drive.google.com/file/d/1Vn­CL­Q­J­sy4NdWD3R9K4­tAah5IYHb­sy­qhm/view

Shafic Abboud
En 2026, Shafic Abboud aurait eu cent ans. À l’occa­sion de ce cen­te­naire, le Château de Ratilly célè­bre une figure majeure de la pein­ture, artiste à la croi­sée de deux mondes, dont l’œuvre incarne l’un des dia­lo­gues les plus féconds entre Orient et Occident au XXe siècle. À l’heure où les ins­ti­tu­tions réé­va­luent l’his­toire de la moder­nité à tra­vers le prisme des cir­cu­la­tions cultu­rel­les, l’œuvre de Shafic Abboud appa­raît d’une actua­lité remar­qua­ble.

Né au Liban en 1926, arrivé à Paris en 1947 - alors capi­tale mon­diale des arts - Shafic Abboud choi­sit la France comme terre de créa­tion sans jamais rompre avec son pays natal. Homme des deux rives, figure essen­tielle de la moder­nité trans­na­tio­nale, il cons­truit une œuvre sin­gu­lière, entre mémoire médi­ter­ra­néenne et his­toire de la pein­ture euro­péenne, renou­ve­lant le lan­gage de l’abs­trac­tion en France après la Seconde Guerre mon­diale.

Une figure sin­gu­lière
La sin­gu­la­rité de Shafic Abboud tient autant à sa tra­jec­toire qu’à sa posi­tion esthé­ti­que et intel­lec­tuelle. Reconnu par la cri­ti­que et les ins­ti­tu­tions fran­çai­ses, il devient une figure de réfé­rence pour le monde arabe, où son œuvre acquiert un statut fon­da­teur. À la fin du XXe siècle, l’essor des gran­des col­lec­tions du Moyen-Orient et des pays du Golfe contri­bue à ren­for­cer encore sa noto­riété inter­na­tio­nale, confir­mant son rôle d’artiste-pas­seur entre ces deux cultu­res.

Un pas­seur entre Orient et Occident
Shafic Abboud tra­vaille toute sa vie en France, sans jamais rompre avec le Liban. Cette double appar­te­nance est une ten­sion féconde, matière même de sa pein­ture. Homme d’Orient et d’Occident, il déve­loppe aussi un dia­lo­gue cons­tant entre tra­di­tion et moder­nité ; art savant et arti­sa­nat ; entre figu­ra­tion et abs­trac­tion ; entre mémoire intime et ouver­ture au monde.
Fasciné par les affi­ni­tés entre arts majeurs et arts déco­ra­tifs, il s’inté­resse aux tapis d’Orient, aux enlu­mi­nu­res per­sa­nes, aux ico­no­sta­ses ortho­doxes, tout en dia­lo­guant avec Bonnard, Matisse, Klimt, de Staël, la pein­ture du Quattrocento et la pein­ture fla­mande. Son œuvre ne se situe ni dans une abs­trac­tion pure­ment for­melle ni dans une figu­ra­tion nar­ra­tive. Les formes émergent, se dis­sol­vent, devien­nent signes. La figure affleure comme un sou­ve­nir ou une émotion.

La cou­leur comme espace inté­rieur
La puis­sance vibra­toire de la cou­leur est ce qui frappe immé­dia­te­ment dans l’œuvre de Shafic Abboud. Ses pein­tu­res, élaborées à partir de recher­ches tech­ni­ques inces­san­tes, font de lui un alchi­miste de la matière-cou­leur. Intellectuel raf­finé, lec­teur atten­tif, il conçoit la pein­ture comme une néces­sité vitale, comme un espace de pensée autant que de sen­sa­tion.

Ratilly
L’esprit insuf­flé par Jeanne et Norbert Pierlot à Ratilly a très tôt séduit et inté­ressé Shafic Abboud qui s’y ren­dait régu­liè­re­ment en voisin (il avait acheté une maison à Donzy à quel­ques kilo­mè­tres de Ratilly). Il y venait pour la pein­ture mais aussi pour la céra­mi­que qui a été un de ses arts de pré­di­lec­tion. Nombre de ses amis pein­tres y ont été expo­sés : Marfaing, Brunschwig, Louttre B., Humair… Ratilly est un lieu qui lui res­sem­ble, idéal pour lui rendre un hom­mage.

L’expo­si­tion de pein­tu­res, sculp­tu­res, céra­mi­ques et archi­ves, venant de la suc­ces­sion du pein­tre, per­met­tra de :
- célé­brer un maître de la lumière et de la cou­leur
- sou­li­gner son rôle majeur dans l’his­toire de l’art moderne
- mon­trer la cohé­rence d’un par­cours entre figu­ra­tion et abs­trac­tion
- révé­ler la pro­fon­deur intel­lec­tuelle de ce pein­tre

Note d’inten­tion
À l’heure où les ins­ti­tu­tions réé­va­luent l’his­toire de la moder­nité à tra­vers le prisme des cir­cu­la­tions cultu­rel­les, l’œuvre d’Abboud appa­raît d’une actua­lité remar­qua­ble.
Ni pein­tre « orien­tal », ni sim­ple­ment abs­trait « euro­péen », Abboud échappe aux caté­go­ries. Son œuvre démon­tre que l’iden­tité artis­ti­que peut être mul­ti­ple, mou­vante, ouverte. Homme des deux rives, il a fait de la pein­ture-lumière un ter­ri­toire de ren­contres.

Podcast
Ci-des­sous, écoutez la visite guidée com­plète de l’expo­si­tion. Pour décou­vrir la visite guidée, salle par salle, avec Christine Abboud, voici notre pod­cast épisode par épisode. Cette visite guidée est pro­po­sée dans le cadre des actions de média­tion cultu­relle menées par l’asso­cia­tion Les Amis de Ratilly. Réalisation : Nicolas Herbeaux. Musique ori­gi­nale : Christian Sauvage.

Catalogue
Un cata­lo­gue ori­gi­nal de 48 pages est édité à l’occa­sion de cette expo­si­tion à Ratilly. Textes : Benoît Decron, Albert Dichy, Christine Abboud et Robert Lévy. Photographies : Alberto Ricci, Philippe Fuzeau, Emmy-Lou Maintignieux, Sami Karkabi. Editions Georges Monti, Le temps qu’il fait.

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

Réalisation :: www.arterrien.com