Manabu KOCHI. Artiste du Printemps.

Du 16 février au 30 mars - Galerie Claude Lemand

  • KOCHI, The Yellow Flowers

    The Yellow Flowers, 2014. Acrylique sur toile, 162 x 114 cm. © Manabu Kochi. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • KOCHI, Au-delà de l’horizon.

    Au-delà de l'horizon, 2013. Acrylique sur toile, 162 x 114 cm. © Manabu Kochi. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • KOCHI, Phoenix of the Forest.

    Phoenix of the Forest, 2021. Acrylique sur toile, 130 x 89 cm. © Manabu Kochi. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

Manabu KOCHI. Artiste du Printemps.

Claude Lemand. Né en 1954 à Okinawa (Japon), Manabu Kochi com­plète sa for­ma­tion à l’Ecole des Beaux-arts de Florence, réside à Londres et s’établit en France en 1981. Le carac­tère poé­ti­que, joyeux et coloré de ses pein­tu­res et de ses sculp­tu­res m’a for­te­ment séduit dès notre pre­mière ren­contre en décem­bre 1988. Sculpteur, pein­tre et gra­veur, il a réussi à élaborer un uni­vers per­son­nel, syn­thèse entre les Arts pri­mi­tifs et les cou­rants euro­péens moder­nes les plus nova­teurs et posi­tifs. Son œuvre post-moderne est impré­gnée de phi­lo­so­phie et d’humour, de cou­leur et d’har­mo­nie. Grâce à la Donation Claude et France Lemand du mois d’octo­bre 2018, les col­lec­tions du Musée de l’Institut du monde arabe à Paris sont riches d’une très impor­tante col­lec­tion d’œuvres de Manabu Kochi.
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Claude Lemand. Manabu Kochi. Artiste du Printemps.

Je suis heu­reux de célé­brer le 38ème anni­ver­saire de la fon­da­tion de ma gale­rie à Paris et les 38 ans de ma pre­mière ren­contre avec l’artiste Manabu Kochi, par l’expo­si­tion d’un choix de ses pein­tu­res et de ses sculp­tu­res récen­tes, sous un titre qui résume bien sa vision posi­tive du monde et de l’huma­nité : Manabu Kochi. Artiste du Printemps. Les formes si créa­ti­ves et ins­pi­rées et les cou­leurs si éclatantes et vivan­tes de ses oeu­vres sont l’expres­sion de sa manière de vivre au monde, tou­jours posi­tive, malgré la noir­ceur de l’his­toire de l’Humanité, - dont il est bien cons­cient. Ses croyan­ces boud­dhis­tes de tra­di­tion japo­naise dans l’unité du Vivant et l’har­mo­nie de l’Univers, qui ont baigné son enfance et sa jeu­nesse dans l’île d’Okinawa, sem­blent être à la source de sa phé­no­mé­nale ima­gi­na­tion inven­tive d’innom­bra­bles êtres hybri­des, dans une cos­mi­que et éternelle méta­mor­phose uni­ver­selle, pro­duc­trice d’une telle richesse de formes de Vie. C’est au-delà de toute ima­gi­na­tion humaine !

Dès ma pre­mière ren­contre à Paris en décem­bre 1988, avec Manabu et Midori son épouse, l’artiste m’avait dit : « Je suis plus pour l’har­mo­nie que pour le conflit, pour l’har­mo­nie entre tous les êtres vivants, qui est une grande richesse ; la recher­che de la pureté est illu­soire, car elle abou­tit au fana­tisme ». Cette réflexion est un mani­feste de sa phi­lo­so­phie uni­ver­sa­liste et paci­fiste, oppo­sée à toute dic­ta­ture et à toute guerre, qui ne peu­vent qu’engen­drer la des­truc­tion, la mort et le mal­heur, comme ce fut le cas au Japon et sur l’île d’Okinawa dont il est ori­gi­naire.

J’ai été séduit, dès notre pre­mière ren­contre, par ses œuvres et sa per­son­na­lité si atta­chan­tes. Depuis, nous ne nous sommes plus quit­tés, nous avons tissé des liens d’amitié entre nos deux famil­les et établi un dia­lo­gue intel­lec­tuel et esthé­ti­que créa­tif et per­ma­nent. Dans ma gale­rie, dans les foires inter­na­tio­na­les, les musées et à tra­vers les medias, j’ai fait de mon mieux pour mettre en valeur les pein­tu­res, les sculp­tu­res et les œuvres gra­phi­ques qu’il a su déve­lop­per et enri­chir d’année en année, par de mul­ti­ples varia­tions de thèmes, de formes et sur divers sup­ports.

Au cours des der­niè­res années, Manabu Kochi a connu une longue période dif­fi­cile due au cancer qui l’a frappé et qu’il a tra­ver­sée avec cou­rage et déter­mi­na­tion, comme une épreuve d’un feu régé­né­ra­teur. Sa per­son­na­lité en est sortie encore plus forte et uni­ver­selle, son art s’est renou­velé et appro­fondi. Il s’est saisi de moyens artis­ti­ques et per­son­nels adé­quats, pour expri­mer non seu­le­ment l’har­mo­nie et la beauté du monde, mais aussi des sen­ti­ments nou­veaux dans son œuvre : son empa­thie face à tout événement tra­gi­que, sa colère devant les injus­ti­ces, les crimes, les tor­tu­res et les mas­sa­cres passés et actuels, sans jamais oublier de faire chan­ter les formes et les cou­leurs de l’espoir et l’annonce de la renais­sance d’un Eternel Printemps, lui qui s’est tou­jours senti et défini comme Artiste du Printemps.

Durant les deux années de confi­ne­ment dues au Covid, Manabu Kochi a réussi à créer un fabu­leux ensem­ble d’œuvres – que j’aurai l’occa­sion d’expo­ser et de publier sous le titre géné­ri­que « Peinture et Poésie » -, fait de gran­des aqua­rel­les et de livres d’artis­tes, résul­tats de son dia­lo­gue avec les textes de Marguerite Yourcenar (Le der­nier amour du Prince Genghi), de Claude Aveline (Portrait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas et Monologue pour un dis­paru) et les deux grands poètes japo­nais du haïku (Matsuo Basho et Kobayashi Issa).

Je suis heu­reux et fier de témoi­gner que Manabu Kochi est un grand artiste, car il s’est montré à la hau­teur des défis his­to­ri­ques que je lui avais pro­posé de rele­ver au cours des der­niè­res années, avec des pein­tu­res admi­ra­bles pour expri­mer son émotion et sa soli­da­rité face à l’incen­die de Notre-Dame de Paris en avril 2019, puis l’incen­die du châ­teau de Shuri à Okinawa et face aux explo­sions du port de Beyrouth en août 2020. Elles seront publiées dans la mono­gra­phie géné­rale que la gale­rie compte lui consa­crer en 2028, - pour célé­brer le 40ème anni­ver­saire de sa fon­da­tion et de notre ren­contre, - avec les visuels de ses prin­ci­pa­les œuvres (pein­tu­res sur toile, pein­tu­res sur papier, sculp­tu­res en pièces uni­ques pein­tes et sculp­tu­res éditées en bronze), son Autobiographie, les com­men­tai­res de ses œuvres et les textes de divers contri­bu­teurs.

Claude Lemand. Docteur en lit­té­ra­ture com­pa­rée, ancien pro­fes­seur d’uni­ver­sité, col­lec­tion­neur depuis 1981, gale­riste et éditeur d’art à Paris depuis 1988, impor­tant dona­teur avec France son épouse du musée de l’Institut du monde arabe à Paris, cher­cheur et com­mis­saire d’expo­si­tions.

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