CEZANNE et NOUS ... Etel ADNAN - Exposition à partir du 23 septembre 2026.

Du 11 août 2026 au 17 janvier 2027 - Grand Palais, Paris.

  • Etel Adnan, Rihla ... (Voyage au Mont Tamalpais).

    Rihla ila Jabal Tamalpais (Voyage au Mont Tamalpais), 2008. Aquarelle et encre de Chine sur cahier japonais, 30 x 10,5 cm x 54 pages : 30 x 567 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Succession Etel Adnan. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Etel Adnan, Paysage.

    Paysage, 2014. Huile sur toile, 32 x 41 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Succession Etel Adnan. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Etel Adnan, Paysage.

    Paysage, 2015. Huile sur toile, 27 x 35 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Etel Adnan. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • CEZANNE, La Montagne Sainte-Victoire au grand pin.

    Paul Cezanne, La Montagne Sainte-Victoire au grand pin, vers 1887. Huile sur toile, 66.8 x 92.3 cm. The Courtauld Institute of Art, Londres © Courtauld.

GRAND PALAIS - CEZANNE et NOUS.
23 sep­tem­bre 2026 - 17 jan­vier 2027.
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Centre Pompidou : Cezanne et nous.

L’expo­si­tion, iné­dite, offre un dia­lo­gue riche et cons­tant entre l’œuvre de Paul Cezanne (1839-1906) et celles des artis­tes qui, de la fin du 19e siècle à nos jours, ont cons­tam­ment trouvé dans son œuvre la liberté de réin­ven­ter la pein­ture. Elle des­sine ainsi l’his­toire d’une pos­té­rité sans com­pa­rai­son, qui se joue à la fois dans un jeu d’influence et de reven­di­ca­tion d’un maître commun. L’artiste est devenu l’un des pères incontes­tés de l’art moderne occi­den­tal, et conti­nue d’être regardé dans l’après-guerre par les acteurs d’un renou­veau de l’abs­trac­tion en Europe et aux États-Unis, autant par les tenants de l’abs­trac­tion lyri­que ou opti­que que par ceux de la pein­ture « hard edge ». Environ 180 œuvres y sont pré­sen­tées : 70 de Cézanne et 75 d’autres artis­tes.

Liste des artis­tes pré­sen­tés dans l’expo­si­tion : Paul Cezanne / Etel Adnan, Émile Bernard, Martin Barré, Georg Baselitz, Max Beckmann, Erwin Blumenfeld, Umberto Boccioni, Pierre Bonnard, Georges Braque, (………), Maria Helena Vieira da Silva, Maurice de Vlaminck, Herman de Vries, Vincent van Gogh, Tom Wesselmann, Robert Wilson, Zao WouKi.
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Claude Lemand : La Montagne d’Etel Adnan.

La Montagne est emblé­ma­ti­que des pein­tu­res les plus ins­pi­rées de l’abon­dante pro­duc­tion des vingt der­niè­res années d’Etel Adnan (Beyrouth, 1925 - Paris, 2021), avec ses cou­leurs éclatantes et contras­tées, entre le bleu de la Méditerranée et le soleil rouge du Liban. Bien que de petit format, sa com­po­si­tion est vaste, pla­né­taire. Cette mon­ta­gne inlas­sa­ble­ment chan­tée, peinte et des­si­née par Etel, c’est le Mont Tamalpaïs qu’elle voyait en ouvrant la fenê­tre, ornée de pots de fleurs sur le rebord, de sa maison à Sausalito près de San Francisco : c’était son pay­sage de para­dis perdu, rêvé ou espéré. Durant son exil cali­for­nien, elle avait adopté ce sym­bole uni­ver­sel qui la conso­lait et la ras­su­rait en l’absence du Mont Sannine, sou­ve­nir de son enfance et de son ado­les­cence au Liban, qu’elle aper­ce­vait de par­tout et en toutes sai­sons. Dans son essai Voyage au Mont Tamalpaïs (1985), Etel écrit : « Le Mont Tamalpaïs est devenu ma maison. Pour Cezanne, la Sainte Victoire n’était plus une mon­ta­gne, mais un absolu, une pein­ture. » Elle ajoute : « J’ai besoin de cir­cu­ler autour de la mon­ta­gne parce que je suis eau. La mon­ta­gne doit rester et je dois m’en aller. Debout sur le Mont Tamalpaïs, je par­ti­cipe des ryth­mes du monde. Tout semble juste. Je suis en har­mo­nie avec les étoiles. Pour le meilleur comme pour le pire, je sais, je sais. » Etel était deve­nue pan­théiste avec le temps, comme le poète libano-amé­ri­cain Khalil Gibran des Processions ou du Prophète. La Montagne est l’auto­por­trait de cette femme lumi­neuse, soli­de­ment arri­mée à la Terre et la tête tour­née vers l’Univers, si loin­tain et si proche.

J’ai connu Etel Adnan à Paris en mars 1989, dès ma pre­mière expo­si­tion des pein­tu­res d’Abdallah Benanteur, qu’elle et sa com­pa­gne l’artiste Simone Fattal connais­saient et appré­ciaient. Etel Adnan était une grande écrivaine et artiste, une amie de longue date à Paris, une per­sonne mer­veilleuse. Son mili­tan­tisme fémi­niste était clair, déter­miné, calme et très posi­tif. Une sagesse uni­ver­sa­liste ins­pi­rait ses écrits et ses entre­tiens pas­sion­nants. Sa créa­ti­vité lit­té­raire et artis­ti­que cou­lait de source. Consciente de sa valeur, elle res­tait étonnée et heu­reuse de son succès tardif. Etel était très fidèle et dis­crè­te­ment géné­reuse, non seu­le­ment avec ses nom­breux amies et amis, mais aussi avec les jeunes femmes artis­tes, écrivaines, tra­duc­tri­ces, gale­ris­tes et mili­tan­tes fémi­nis­tes. J’en ai été le témoin au cours des trente der­niè­res années de sa vie.

En juin 2018, Claude et France Lemand avaient fait une dona­tion de 26 de ses oeu­vres au musée de l’Institut du monde arabe : 10 lepo­rel­los his­to­ri­ques, 4 huiles sur toile (dont La Montagne de 2014 qui est deve­nue ico­ni­que !) et 12 gran­des aqua­rel­les et encres de Chine sur papier. A ce jour, cette dona­tion cons­ti­tue la plus impor­tante col­lec­tion muséale au monde. Les deman­des de prêt nous vien­nent des plus grands musées d’Europe : après l’IMA à Paris et le Zentrum Paul Klee de Berne, le musée Van Gogh d’Amsterdam, Pompidou-Metz, les musées de Munich puis Düsseldorf, le MAM de Paris, les Grand Palais-Centre Pompidou-Musée d’Orsay, etc.

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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