BAYA. Icône algérienne de la modernité - Le Jardin d’Eden.
Claude Lemand :
Oasis dans le désert, le Jardin d’Eden de BAYA est entouré de montagnes et de dunes ensoleillées, avec une source et quatre rivières, des arbres symboliques de l’Algérie - l’olivier et le palmier-dattier -, une nature riante et paisible, pleine d’oiseaux et de poissons de toutes les couleurs, en couples, en famille ou solitaires. Les oiseaux chantent, les poissons dansent. Oasis ou île, le Jardin d’Eden a les couleurs de l’Algérie : bleu de la Méditerranée, rouge de sa terre, vert de sa végétation, or de ses dunes.
La douleur, la tristesse et la mort sont absentes du Jardin d’Eden, qui n’a pas de clôture artificielle, contrairement au modèle dominant du jardin arabo-andalou. Chez Baya, ne l’oublions pas, nous sommes au Paradis. Aucun paysage nocturne dans son oeuvre, ni à la campagne, ni en ville, ni même sous le ciel étoilé du désert. La lumière d’un jour perpétuel donne tout leur éclat aux couleurs et à la beauté de son univers, éclairé par « un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental, dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. » (Coran, sourate An-Nour - La Lumière)