ANAS ALBRAEHE, Bab Alhawa - Porte du Vent - Porte de l’Exil.

Du 21 novembre 2022 au 18 janvier - Galerie Claude Lemand

  • ALBRAEHE, Bab Alhawa 1.

    Bab Alhawa 1, 2020. Huile sur toile, 149 x 199 cm. © Anas Al Braehe. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ALBRAEHE, Bab Alhawa 2.

    Bab Alhawa 2, 2020. Huile sur toile, 151 x 182 cm. © Anas Al Braehe. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ALBRAEHE, Bab Alhawa 3.

    Bab Alhawa 3, 2020. Huile sur toile, 139 x 159 cm. © Anas Al Braehe. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ALBRAEHE, Bab Alhawa 4.

    Bab Alhawa 4, 2020. Huile sur toile, 145 x 119 cm. © Anas Al Braehe. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ALBRAEHE, Bab Alhawa 8.

    Bab Alhawa 8, 2021. Huile sur toile, 151 x 181 cm. © Anas Al Braehe. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ALBRAEHE, Bab Alhawa 5.

    Bab Alhawa 5, 2021. Huile sur toile, 149 x 179 cm. © Anas Al Braehe. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ALBRAEHE, Bab Alhawa 6.

    Bab Alhawa 6, 2021. Huile sur toile, 149 x 149 cm. © Anas Al Braehe. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ALBRAEHE, Bab Alhawa 7.

    Bab Alhawa 7, 2021. Huile sur toile, 149 x 149 cm. © Anas Al Braehe. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

ANAS ALBRAEHE, Bab Alhawa - Porte du Vent - Porte de l’Exil.

- Exposition per­son­nelle de huit gran­des pein­tu­res du jeune artiste syrien (né en 1991), établi à Beyrouth et à Paris.
- Date : du 21 novem­bre 2022 au 11 jan­vier 2023.
- Lieu : Galerie Claude Lemand , 70 avenue Jean Moulin , 75014 Paris.
- Visites : tous les jours, uni­que­ment sur rendez-vous.
- Tél. 06 7377 0589 . Email : cle­mand@o­range.fr
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Par Thierry Savatier

Ses pein­tu­res les plus récen­tes, de la série « Bab Alhawa - Porte du Vent » - nom du poste fron­tière qui sépare la Syrie de la Turquie, - sont également consa­crées aux réfu­giés, mais cette fois saisis dans leur trajet vers l’exil. L’artiste s’inté­resse ici aux femmes, aux ado­les­cents et aux enfants assis ou, le plus sou­vent, endor­mis dans les bennes des camions qui les trans­por­tent au hasard des conflits vers des zones plus tran­quilles. Il choi­sit de les pein­dre dans cet espace déli­mité, allon­gés au milieu de volu­mi­neux balu­chons taillés dans des tissus de cou­leurs vives, jadis assez fré­quents dans les cam­pa­gnes levan­ti­nes. Le spec­ta­teur com­prend que ces paquets cons­ti­tuent non seu­le­ment leur via­ti­que mais qu’ils ren­fer­ment fina­le­ment les seuls biens per­son­nels qu’ils ont pu sauver. Toute une vie réduite à une besace…

Bien sûr, on peut à bon droit établir un lien entre leur som­meil et la fati­gue, voire à l’accom­plis­se­ment d’un rythme bio­lo­gi­que natu­rel. Cependant, Anas Albraehe entre­tient un inté­res­sant para­doxe esthé­ti­que entre la situa­tion per­son­nelle sombre de ces réfu­giés et l’envi­ron­ne­ment au chro­ma­tisme cha­toyant qui les entoure, où domi­nent les rouges et les jaunes les plus ardents. Le contraste entre­tenu sug­gère au regar­deur une inter­pré­ta­tion qui le porte au-delà des appa­ren­ces. Car le som­meil ne se limite pas à sa fonc­tion répa­ra­trice ; il est aussi le medium pri­vi­lé­gié du rêve. A quoi ces per­son­na­ges bal­lot­tés son­gent-ils ? Peut-être répon­dent-ils à la célè­bre invi­ta­tion d’Antoine de Saint-Exupéry : « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réa­lité » ? Onirisme dans l’oni­risme… Peut-être pour­raient-ils dire, à l’image de Léon-Paul Fargue : « J’ai tant rêvé que je ne suis plus d’ici » ? Peut-être enfin son­gent-ils sim­ple­ment au bon­heur d’un retour au pays et à la reprise de leur vie, anté­rieure au chaos qui les a jetés sur les routes. Nul ne sau­rait le dire. Pourtant, une cer­ti­tude s’impose, qui ménage une part d’espoir : comme on le devine, le destin les a privés de leurs biens, les a éloignés de leur terre d’ori­gine, les a sépa­rés de leurs famil­les ; il res­tera cepen­dant impuis­sant à les ampu­ter de leurs rêves.

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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