Portraits de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas - VLADIMIR VELICKOVIC.

Du 17 au 19 mai - Musée. Institut du monde arabe.

  • VELICKOVIC, Corbeaux.

    Corbeaux, 2014. Technique mixte sur toile, diamètre 150 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Vladimir Velickovic. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • VELICKOVIC, Corbeau.

    Corbeau, 2013. Technique mixte sur carton, 32,2 x 29 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Vladimir Velickovic. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • VELICKOVIC, Corbeau et corps.

    Corbeau et corps, 2013. Technique mixte sur carton, 32,2 x 29,5 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Vladimir Velickovic. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

PORTRAITS DE L’OISEAU-QUI-N’EXISTE-PAS - VLADIMIR VELICKOVIC.
Claude Lemand.

Les oiseaux de Vladimir Velickovic.

Les oiseaux appa­rais­sent pour la pre­mière fois dans Epouvantail, deux pein­tu­res magis­tra­les de 1962 et 1963, puis ils dis­pa­rais­sent et ne réap­pa­rais­sent qu’en 1991. Durant les années 2000, le thème du cor­beau enva­hit l’œuvre. Velickovic pein­dra les séries Feux, Paysages, Corbeaux, vastes espa­ces dévas­tés par la guerre, avec au pre­mier plan une mul­ti­tude de petits cor­beaux cha­ro­gnards. Dans d’autres com­po­si­tions, de grands cor­beaux-bour­reaux s’achar­nent sur l’homme tor­turé et le dévo­rent. Dans Piège, le cor­beau finit par deve­nir le sujet prin­ci­pal et il occupe la tota­lité de la toile.

Dans l’uni­vers de Velickovic, le cor­beau est le seul oiseau repré­senté. Pas de colombe de la paix ou de l’amour fidèle, pas d’oiseaux beaux ou sym­pa­thi­ques, réels ou légen­dai­res. Pour le poème de Claude Aveline, l’artiste peint un admi­ra­ble tondo, sobre et puis­sant : un incen­die au loin, un mas­sa­cre d’humains à gauche, un cercle de cor­beaux à droite, autour d’une fosse noire. Montrée au Grand Palais puis dans l’expo­si­tion du musée d’Issoudun, cette œuvre fait désor­mais partie de la Donation Claude & France Lemand au musée de l’Institut du monde arabe, qui l’a expo­sée en 2018-2019.

Le monde de Velickovic a tou­jours été vio­lent, ponc­tué d’images de corps déchi­rés, de pay­sa­ges déso­lés et d’ani­maux agres­sifs. La mort y est omni­pré­sente. Sa palette est res­treinte au noir, gris, blanc et rouge sang. Son cor­beau est un cha­ro­gnard au bec et aux serres en sang. Il s’acharne sur l’homme pour ache­ver les bles­sés et dévo­rer les morts. Son cor­beau est un sym­bole de l’homme-bour­reau. Pour lui, la haine, la tor­ture et l’ins­tinct de des­truc­tion et de mort carac­té­ri­sent l’espèce humaine. La vie est un enfer.

Quand il réin­ter­prète le reta­ble d’Issenheim de Mathias Grünewald, il ne retient que le détail de la partie cen­trale de La Crucifixion. Dans l’œuvre de Velickovic, il n’y a pas d’espoir, pas de voyage ailleurs, pas de rêve, seu­le­ment des cau­che­mars. Pas d’échappatoire, pas de contrée pai­si­ble et accueillante … ni d’au-delà.

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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