Portrait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas. - ABDALLAH BENANTEUR.

Du 7 au 9 mai - Musée. Institut du monde arabe.

  • Benanteur, Livre, Portrait de l’Oiseau-Qui-...

    Portrait de l'Oiseau-Qui-N'Existe-Pas, 2004. Livre en feuilles, poème manuscrit, aquarelles et empreintes originales. © Abdallah Benanteur. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Le Piqué

    Le Piqué,1985. Eau-forte originale, signée et numérotée, 20,8 x 26,7 cm. Monographie page 89. © Abdallah Benanteur. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Benanteur - Aveline, Livre, Portrait de l’Oiseau-...

    Claude Aveline, Portrait de l'Oiseau-Qui-N'Existe-Pas, 1996. Livre unique en 4 volumes, réalisé par Abdallah Benanteur. Volume 1, en feuilles, textes sur gaufrages et empreintes originales, 17 x 39 cm. Monographie page 200-201. Collection privée. © Abdallah Benanteur. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Benanteur, Livre, Portrait de l’Oiseau-Qui-...

    Claude Aveline, Portrait de l'Oiseau-Qui-N'Existe-Pas, 2004. Livre en feuilles, poème orné d'aquarelles et d'une empreinte originale, 20 x 50 cm. Rabats de la couverture de la monographie. Collection privée. © Abdallah Benanteur. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • BENANTEUR, Livre, Portrait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas. Matrice 1.

    Portrait de l'Oiseau-Qui-N'Existent-Pas, 1996. Une des 18 matrices d’empreintes originales ornant un livre d’artiste, 39 x 17 cm. Collection Claude et France Lemand. © Succession Abdallah Benanteur et Succession Claude Aveline.

  • BENANTEUR, Livre, Portrait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas. Matrice 2.

    Portrait de l’Oiseau-Qui-N’Existent-Pas, 1996. Une des 18 matrices d’empreintes originales ornant un livre d’artiste, 39 x 17 cm. Collection Claude et France Lemand. © Succession Abdallah Benanteur et Succession Claude Aveline.

PORTRAITS DE L’OISEAU-QUI-N’EXISTE-PAS - ABDALLAH BENANTEUR.
Claude Lemand.

Né en 1931 à Mostaganem, Abdallah Benanteur, a baigné dans un milieu fami­lial et cultu­rel algé­rien sen­si­ble à l’écriture et au livre manus­crit enlu­miné, à la poésie mys­ti­que musul­mane, à la musi­que et au chant anda­lous. Après ses études à l’Ecole des beaux-arts d’Oran et son ser­vice mili­taire, il s’établit à Paris en 1953, dont il fait sa capi­tale de vie et de créa­tion. Il s’est éteint le 31 décem­bre 2017 à Ivry-sur-Seine.

Imprégné par la culture arabe de son Algérie natale, par la grande pein­ture euro­péenne des musées de France et d’Europe, par les arts gra­phi­ques et les manus­crits d’Europe, d’Orient et d’Extrême-Orient, nourri par l’ima­gi­naire des poètes du monde entier, il a su créer des oeu­vres per­son­nel­les, des pay­sa­ges poé­ti­ques bai­gnés par la lumière réelle de sa Méditerranée natale et de sa Bretagne d’adop­tion et une lumière trans­cen­dan­tale qui trans­fi­gure les pay­sa­ges de la mémoire en para­dis peu­plés de ses chers Elus. La vraie lumière d’Abdallah Benanteur est dans son œuvre, dif­fé­rente selon ses pério­des ; elle est d’ici et d’ailleurs, « ni orien­tale ni occi­den­tale », elle baigne ceux dont le regard est en har­mo­nie avec elle.

Les oiseaux d’Abdallah Benanteur.

Durant les années 1980, le thème de l’oiseau avait ins­piré plu­sieurs eaux-fortes à Benanteur : des gra­vu­res en noir et blanc d’oiseaux vic­ti­mes des hommes (Oiseau mort, Marée noire, Oiseau triste) et des gra­vu­res en cou­leur d’oiseaux libres et qui volent (Aigle, Moineau, Le Piqué).

La lec­ture du poème de Claude Aveline déclen­chera chez Benanteur une créa­ti­vité stu­pé­fiante, des cen­tai­nes de Portraits de l’Oiseau-Qui-N’Existent-Pas orne­ront les pages de vingt livres uni­ques entre 1995 et 2004. Le texte du poème a été typo­gra­phié, incrusté ou manus­crit par l’artiste, en fran­çais et dans une dizaine de tra­duc­tions. Les oiseaux seront réa­li­sés dans diver­ses tech­ni­ques : aqua­relle, encre de Chine, décou­page et gau­frage, lavis et eau-forte. Dans sa lancée, il créera d’autres livres sur le thème de l’oiseau, comme le recueil de poèmes Les Oiseaux meu­rent en Galilée de Mahmoud Darwich, à pré­sent dans les col­lec­tions du British Museum.

Parallèlement à ces livres, Benanteur des­sine et peint une cen­taine d’oeu­vres indé­pen­dan­tes sur papier, 35 x 35 cm et 65 x 50 cm. Dessins à l’encre de chine sur fond d’aqua­relle, repré­sen­tant un pay­sage coloré et cha­leu­reux, cou­leurs terre, bleu et rouge. Son trait est vir­tuose, comme dans tous ses des­sins, quel­que soient les pério­des et le sujet. Ses oiseaux sont dans des posi­tions sta­bles, arri­més sur leurs pattes, jamais endor­mis. Ils sont tou­jours des­si­nés de profil, avec un œil bien ouvert : ils regar­dent en bas, en haut ou droit vers le loin­tain, atten­tifs comme des veilleurs. Ses oiseaux sont tou­jours seuls : pas de cou­ples ni d’oisillons. A moins qu’ils ne soient dis­po­ni­bles, en attente d’une ren­contre, ou qu’ils ne soient aux aguets, pour la sécu­rité du groupe. Les oiseaux de Benanteur ont par­fois les ailes déployées ou ser­rées dans un piqué rapide.

Chaque oiseau a une forme, une atti­tude, une expres­sion, une "psy­cho­lo­gie" par­ti­cu­liè­res : des oiseaux fiers ou élégants, tris­tes ou gais, timi­des ou méfiants, soup­çon­neux ou pen­seurs, débon­nai­res ou pai­si­bles, … comme s’il s’agis­sait d’hommes-oiseaux ou d’auto-por­traits de l’artiste en oiseau !

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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