NOUVEAUX TERRITOIRES - Vidéos de Randa MADDAH.

Du 18 au 21 avril - Musée. Institut du monde arabe.

  • Randa Maddah, Light Horizon (Horizon léger).

    VIDEO. Light Horizon (Horizon léger), 2012. Vidéo originale, 7'22. Edition de 7 + 2 EA. Donation Claude & France Lemand 2019. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Randa Maddah. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris. Prix 9.000 €

  • Randa Maddah, Light Horizon (Horizon léger).

    VIDEO. Light Horizon (Horizon léger), 2012. Vidéo originale, 7:22. Edition de 5 + 2 EA. Donation Claude & France Lemand 2019. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Randa Maddah. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris. Prix 9.000 €

  • Randa Maddah, Restauration.

    VIDEO. Restauration - Tarmîm, 2018. Vidéo originale, 11:52. Edition de 5 + 2 EA. Donation Claude & France Lemand 2019. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Randa Maddah. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris. Prix 7.000 €

  • Randa Maddah, Restauration (Tarmîm).

    VIDEO. Restauration - Tarmîm, 2018. Vidéo originale, 11:52. Edition de 5 + 2 EA. Donation Claude & France Lemand 2019. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Randa Maddah. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris. Prix 7.000 €

  • Randa Maddah, In View.

    VIDEO. In View, 2017. Vidéo originale. Edition de 5 + 2 EA. Claude Lemand Editeur d'Art. © Randa Maddah. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris. Prix 7.000 €

  • Randa Maddah, In View.

    VIDEO. In View, 2017. Vidéo originale. Edition de 5 + 2 EA. Claude Lemand Editeur d'Art. © Randa Maddah. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris. Prix 7.000 €

RANDA MADDAH,
Trois vidéos du Golan.

Donation Claude & France Lemand 2019, 2020.
Musée, Institut du monde arabe, Paris.
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Light Horizon - Horizon léger, 2012. Vidéo, 7:22.

Light Horizon est la pre­mière vidéo de Randa Maddah, filmée sur les ruines d’une maison dans le vil­lage d’Ain Fit, sur le pla­teau du Golan où elle est née. L’artiste res­ti­tue en plan fixe de 7 minu­tes son retour chez elle. De son ancien foyer, seuls demeu­rent quel­ques ins­crip­tions en arabe et des murs cri­blés de balles. N’importe. Randa Maddah pénè­tre cet inté­rieur fan­to­ma­ti­que. Elle balaie, net­toie puis contem­ple l’hori­zon de la vallée. De ce geste quo­ti­dien, a priori déri­soire voire absurde dans ce champ de ruines, naît une force capa­ble de refou­ler la vio­lence dans la contin­gence et de recons­truire une inti­mité. Un endroit où l’on a chaud, où l’on se sent bien, une maison.

Claude Lemand. « Light Horizon est une œuvre poi­gnante. Comme Antigone qui s’acharne à vou­loir hono­rer la dépouille de son frère, cette jeune femme net­toie, met de l’ordre et décore l’une des mil­liers de mai­sons aban­don­nées du Golan. Enfant, elle venait jouer avec ses cama­ra­des parmi ces mai­sons en ruines. Cette céré­mo­nie est le signe de sa fidé­lité à cette terre spo­liée, à cette popu­la­tion exilée, aux sou­ve­nirs de son enfance ; de sa déter­mi­na­tion à garder vivant le sou­ve­nir de la vie sociale, de la langue, de la culture d’avant l’occu­pa­tion ; de sa foi ou de son espoir qu’ils revien­dront et qu’ils seront heu­reux, comme elle, de s’asseoir sur la ter­rasse et de contem­pler le beau pay­sage du pla­teau du Golan qui s’étend jusqu’à l’hori­zon léger qui se dilue dans les nuages. »
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In View, 2017. Vidéo.

Pauline de Labouley : " Randa Maddah est invi­tée pour quel­ques mois à la Cité inter­na­tio­nale des arts de Paris avant d’être admise en 2016 à l’École natio­nale des beaux-arts de Paris où elle entame des études. Durant l’été 2017, elle retourne à Majdal Shams où elle tourne In View, depuis le toit de sa maison située sur la ligne de cessez-le-feu entre le Golan occupé et la Syrie. Cette ins­tal­la­tion de miroirs mobi­les dévoile par inter­mit­tence les signes d’une pré­sence mili­taire qui fait désor­mais partie du pay­sage. Passant de la matière à l’image, d’un expres­sion­nisme dou­lou­reux à une mise à dis­tance plus concep­tuelle, Randa Maddah pour­suit aujourd’hui un tra­vail de répa­ra­tion, en col­lec­tant des objets trou­vés dans les ruines des vil­la­ges détruits du Golan pour cons­truire des his­toi­res, comme autant de mémoi­res en danger d’oubli."
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Tarmîm - Restauration, 2018. Video, 11:52.

“ Those in search of them­sel­ves often cannot remem­ber what was there before their coun­tries were des­troyed. All that remains is brit­tle flakes of debris inva­ding the lacu­nae of their memory. Their own fra­gi­lity blocks their way, while amne­sia lies in ambush, and along the road rise tombs­to­nes of memory. Still, the woun­ded cons­cious­ness, as it makes its way from one land to ano­ther, keeps manoeu­vring to avoid pain as if it never exis­ted.

How could I unders­tand des­truc­tion ? Borders defor­med the place from which I came, chan­ged the map, erec­ted walls around people’s daily lives and within their lan­guage, until they had nearly for­got­ten it. The place that was des­troyed is now devoid of human life, and now even its his­tory has begun to vanish. Ruins domi­nate the scene. History and geo­gra­phy have been dis­mant­led and resha­ped by occu­piers’ hands.

The mate­rials used in this video are as fra­gile as they appear. Through it, I tried to repair the irre­pa­ra­ble. So, I col­lec­ted what was left behind by the people who once lived here, after the occu­pa­tion had seized their land and expel­led them. Cement shards and old pho­to­graphs are all that’s left of this place that obli­vion will engulf and efface. I clip­ped some ele­ments from those pho­to­graphs, hoping, even in des­pair, to find an alter­na­tive land, even if this attempt is doomed to obli­vion, like the sto­ries, like all the erased vil­la­ges."

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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