04.08.2020. - Devoir de MEMOIRE, de VERITE, de JUSTICE et de SOLIDARITE.

Du 4 au 11 août - Claude et France Lemand.

  • ZENA ASSI, Gargoyles watching over my city.

    Gargoyles watching over my city, 2021. Technique mixte et collage sur toile, 155 x 200 cm. © Zena Assi. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

04.08.2020. - Devoir de MEMOIRE, de VERITE, de JUSTICE et de SOLIDARITE.

En ce jour anni­ver­saire des explo­sions funes­tes du 4 août 2020, qui ont détruit le port de Beyrouth et une partie de la ville, causé la mort de 216 inno­cents, blessé des mil­liers d’habi­tants et de tra­vailleurs immi­grés et plongé le pays dans l’hor­reur, le chaos, la pau­vreté et la déses­pé­rance … et tout cela par la faute de clans domi­nants cri­mi­nels, qui n’ont aucun sens de l’Etat ni du bien public ni du peuple liba­nais, et qui, depuis des décen­nies, ne défen­dent que leurs inté­rêts. Ils ont plongé le Liban dans un chaos poli­ti­que, économique, finan­cier, social, sani­taire et même cultu­rel - voire dans l’obs­cu­ran­tisme pour une partie de sa popu­la­tion.

Mais le Liban reste un pays d’où jaillit la lumière, même du plus pro­fond des ténè­bres.

Nous avons un devoir de mémoire, de vérité, de jus­tice et de soli­da­rité avec le peuple liba­nais et le monde des arts et de la culture de ce cher pays. Nous sommes en colère, nous sommes tris­tes, mais nous vou­lons témoi­gner de la face lumi­neuse d’un autre Liban, creu­set de civi­li­sa­tions et de cultu­res dis­sé­mi­nées à tra­vers les cinq conti­nents. Ce Liban, inven­teur de la marine mar­chande et de l’alpha­bet, fac­teur de liens mil­lé­nai­res entre les peu­ples, créa­teur à la fin du dix-neu­vième siècle de la Nahda laïque et anti­clé­ri­cale, cette renais­sance de la langue, des let­tres et de la pensée poli­ti­que et sociale d’un nou­veau Monde arabe moderne, libéré autant du joug des Ottomans que des croyan­ces et des inter­dits de reli­gions et de socié­tés sclé­ro­sées et féo­da­les.

Depuis un an, nous n’avons eu de cesse d’aider le monde des arts et de la culture du Liban à trans­for­mer la tra­gé­die en actions posi­ti­ves, pren­dre des ini­tia­ti­ves pour mar­quer notre soli­da­rité et rendre hom­mage à Beyrouth, … pour démon­trer com­bien ce petit pays est grand, et qu’il a quel­que chose de par­ti­cu­lier à offrir au monde, malgré tous ses mal­heurs. Non, le Liban n’est pas que le Liban, il dépasse de loin ce petit pays et ce petit peuple et a des réson­nan­ces par­tout dans le monde.

Certes, notre action n’est qu’une goutte d’eau fraî­che sur le visage de ce pays meur­tri, mais nous avons au moins la satis­fac­tion d’avoir pu moti­ver, sou­te­nir et même enthou­sias­mer de nom­breux artis­tes, de toutes dis­ci­pli­nes et de toutes géné­ra­tions. Je tiens ici à saluer leur créa­ti­vité excep­tion­nelle, les remer­cier du fond du cœur pour leur géné­ro­sité, comme celle des gale­ris­tes et des col­lec­tion­neurs pas­sion­nés qui ont permis d’enri­chir la col­lec­tion d’art moderne et contem­po­rain du musée de l’Institut du monde arabe et la rendre si unique parmi les ins­ti­tu­tions d’Europe, des Amériques et d’Extrême-Orient.

Claude Lemand

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