Sara ABOU MRAD, Images de rêve. Forêt de symboles. Peintures et dessins récents.

Du 12 octobre au 12 novembre - Galerie Claude Lemand

  • ABOU MRAD, La Rencontre. Matilda et le Lion.

    La Rencontre. Matilda et le Lion, 2020. Diptyque. Acrylique sur toile, 130 x 150 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, Le Sommeil.

    Le Sommeil, 2020-2021. Acrylique sur toile, 125 x 200 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, Voyage onirique.

    Voyage onirique, 2020. Triptyque. Acrylique sur toile, 200 x 300 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, Le Toucan 1.

    Le Toucan 1, 2021. Technique mixte sur papier, 32 x 25 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, La Toucane 1.

    La Toucane 1, 2021. Technique mixte sur papier, 32 x 25 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, La Mort dans l’âme.

    La Mort dans l'âme, 2021. Acrylique sur toile, 138 x 207 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, Le Cirque du Soleil.

    Le Cirque du Soleil, 2021. Acrylique sur toile, 145 x 205 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, L’Union un jour.

    L'Union un jour, 2021. Acrylique sur toile, 154 x 106 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, Autoportrait en Vénus.

    Autoportrait en Vénus, 2021. Acrylique sur toile, 155 x 120 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, Entre le Rêve et la Réalité.

    Entre le Rêve et la Réalité, 2021. Acrylique sur toile, 160 x 123 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • ABOU MRAD, Vacances sous un moulin.

    Vacances sous un moulin, 2021. Acrylique sur toile, 160 x 121 cm. © Sara Abou Mrad. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

Sara ABOU MRAD, Images de rêve. Forêt de sym­bo­les. Peintures et des­sins récents.
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Première expo­si­tion per­son­nelle à Paris de l’artiste liba­naise Sara Abou Mrad.
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Visites sur rendez-vous. - Tél. 06 7377 0589 - Email : cle­mand@o­range.fr
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Alexandre Najjar, Des forêts de sym­bo­les. Ecricain, direc­teur de L’Orient lit­té­raire.

Sara Abou Mrad est ce qu’on appelle un phé­no­mène, une sorte de météore en pro­ve­nance du Liban, cette terre où se ren­contrent Orient et Occident et qui a donné au monde les mythes d’Europe et d’Adonis. L’oeuvre pic­tu­rale de Sara se situe pré­ci­sé­ment au confluent de ces deux cultu­res et se nour­rit de mythes créés par son ima­gi­na­tion fer­tile, comme Matilda, cette femme aux seins lourds qui survit à toutes les épreuves, ou Sleeper, ce bon­homme man­chot qui marche obs­ti­né­ment.

Les oeu­vres de Sara Abou Mrad résul­tent d’une syn­thèse, d’une recom­po­si­tion, tra­dui­sant des émotions mêlées à la fois à des rêves, des envies, des sou­ve­nirs et des désirs. D’où son style sym­bo­li­que, sur­réel et oni­ri­que, qui rap­pelle par moments l’uni­vers de William Blake. Signes et sym­bo­les, puisés dans la faune et la flore, la ville et la reli­gion, engen­drent le mys­tère et offrent une pers­pec­tive ascen­sion­nelle. Le souci déco­ra­tif s’y allie à la spi­ri­tua­lité ; et l’érotisme mène à une fusion du corps et de l’esprit, qui tend par le désir vers le divin, dans une démar­che qu’on retrouve dans le sou­fisme.

Les oeu­vres pic­tu­ra­les de Sara sont rigou­reu­se­ment struc­tu­rées en une suc­ces­sion de plans. Ses his­toi­res, peu­plées d’anges ou de créa­tu­res étranges, se dérou­lent sou­vent entre Ciel et Terre, ce qui nous donne l’impres­sion d’un songe énigmatique. Elle aime cons­truire ses des­sins en adop­tant dif­fé­ren­tes com­po­si­tions, plus ou moins com­plexes, comme la com­po­si­tion symé­tri­que dans "L’Union un Jour", décen­trée dans "Le Cirque du Soleil", hori­zon­tale dans "Le Sommeil", trian­gu­laire dans "Auto-por­trait en Vénus", basée sur des dia­go­na­les comme dans" La Promenade de la Mariée", fermée dans "La Danse du Soir", ouverte et ver­ti­cale dans "La Rencontre". Il y a dans son art une véri­ta­ble archi­tec­ture, une cons­truc­tion qui sublime le thème abordé et enca­dre sans l’enfer­mer son ima­gi­na­tion débor­dante.

La trans­pa­rence des cou­leurs est également remar­qua­ble chez l’artiste, qui déclare à ce propos : "J’ai opté pour cette tech­ni­que de pein­ture, car elle res­sem­ble le plus à mon âme comme à mes émotions, qui sont tou­jours à fleur de peau". La super­po­si­tion des cou­ches de cou­leurs, les nuan­ces des tons insuf­flent un effet magi­que à ses œuvres. Des cieux tantôt vio­lets, bleu­tés, rosâ­tres ou jau­nâ­tres, velou­tés ou sati­nés accen­tuent l’ambiance envoû­tante de l’atmo­sphère. Des contras­tes forts et har­mo­nieux, dis­tri­bués en équilibre sur la sur­face des toiles char­gées de détails, sur­pren­nent le regard et par­ti­ci­pent à la sin­gu­la­rité de l’ensem­ble.

Sara Abou Mrad s’est impo­sée comme l’une des artis­tes les plus douées de sa géné­ra­tion, grâce à son style per­son­nel et à son monde peuplé de sym­bo­les et de cor­res­pon­dan­ces, qui nous ren­voie à ces fameux vers de Baudelaire :

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent par­fois sortir de confu­ses paro­les ;
L’homme y passe à tra­vers des forêts de sym­bo­les
Qui l’obser­vent avec des regards fami­liers.

Comme de longs échos qui de loin se confon­dent
Dans une téné­breuse et pro­fonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les par­fums, les cou­leurs et les sons se répon­dent.

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Thierry Savatier, Images de rêve. Ecrivain, his­to­rien d’art. Août 2021.

Sara Abou Mrad est née en 1988 à Wadi Chahrour, près de Beyrouth, dans une famille croyante et conser­va­trice. Diplômée des Beaux-Arts de l’Université liba­naise, elle a créé, en 2010, un dépar­te­ment artis­ti­que au sein de l’école de Sainte-Anne des Sœurs de Besançon (Beyrouth) où elle a ensei­gné. Elle a également créé, en 2016, un pro­gramme de for­ma­tion des­tiné aux enfants aveu­gles pour l’ONG « Empowerment Through Integration ».

La pein­ture de Sara Abou Mrad tra­duit l’uni­vers oni­ri­que qu’elle s’est créé depuis l’enfance et dont l’héroïne est son double, tar­di­ve­ment bap­tisé « Matilda » (2015). Un double dont elle avoue : « Elle est deve­nue ma cure, mon refuge, ma conso­la­tion. Elle raconte à tra­vers des mises en scènes mes sen­ti­ments, les contra­rié­tés subies, les rup­tu­res, les chan­ge­ments sur­ve­nus dans ma vie, les angois­ses qui m’acca­blent par­fois, et récem­ment, la renais­sance, par la joie et l’amour retrouvé. »

Ses tableaux font penser à la défi­ni­tion qu’André Breton don­nait des « images de rêve » dans son roman Nadja (1928) : « La pro­duc­tion des images de rêve dépen­dant tou­jours au moins de ce double jeu de glaces, il y a là l’indi­ca­tion du rôle très spé­cial, sans doute éminemment révé­la­teur, au plus haut degré "sur­dé­ter­mi­nant" au sens freu­dien, que sont appe­lées à jouer cer­tai­nes impres­sions très fortes, nul­le­ment conta­mi­na­bles de mora­lité, vrai­ment res­sen­ties "par-delà le bien et le mal" dans le rêve et, par suite, dans ce qu’on lui oppose som­mai­re­ment sous le nom de réa­lité. » Son uni­vers se rap­pro­che en effet du sur­réa­lisme. Cela expli­que sans doute la pré­sence, dans sa pein­ture, de réfé­ren­ces aux grands maî­tres (Autoportrait en Vénus, 2021), de flores impro­ba­bles et par­fois inquié­tan­tes, ter­res­tres et aqua­ti­ques (La Danse du soir, 2021 ; La Mort dans l’âme, 2021), d’une faune sur­pre­nante et par­fois hybride (La Toucane, 2021), de sym­bo­les reli­gieux - le pois­son/Ichthus - ou rituels (L’Ensemencement, 2021 ; Le Masque Toussian), d’anges ou encore d’un être cen­tral, sexué, animal anthro­po­mor­phe qu’elle nomme « le Lion » ou son « amou­reux ». Ses per­son­na­ges sont en éternel mou­ve­ment ; ils évoluent dans le ciel, dans l’eau, défient la gra­vité. Sa palette est vive, mais réserve au regar­deur des nuan­ces, des jeux de trans­pa­rence sem­bla­bles à ceux de l’aqua­relle.

Chaque œuvre raconte une his­toire. Ainsi, La Promenade de la mariée (2020) décrit-elle douze étapes de la vie de Matilda, du « Grand mariage » à « l’Assomption ». La Rencontre (2020), raconte la ren­contre de Matilda et du Lion. Le Voyage oni­ri­que (2021) est une nar­ra­tion, sur le mode ima­gi­naire, de la rela­tion amou­reuse de Matilda et du Lion sur fond de voyage à Paris. Dans ces toiles de grand format, tout est crypté, chaque détail a son impor­tance pour en per­met­tre l’inter­pré­ta­tion.

Sara Abou Mrad a par­ti­cipé à plu­sieurs expo­si­tions col­lec­ti­ves, notam­ment au Liban (Beirut Art Fair), au Luxembourg, aux Pays-Bas, en France, en Suisse, au Royaume-Uni, en Italie et au Qatar. Ses œuvres ont été cou­ron­nées de plu­sieurs prix, dont celui de l’Institut Goethe (2011, 2013), de la Beirut Design Week (2015) et de l’Accademia di Belle Arti de Bologne (2017). Lauréate du concours « Appel aux jeunes artis­tes du Liban » lancé par le Fonds Claude et France Lemand, une pein­ture et un cahier de 26 des­sins ont rejoint le fonds per­ma­nant du Musée de l’IMA. Elle a enfin été reçue en rési­dence d’artiste à la Cité inter­na­tio­nale des Arts de Paris en 2020, grâce à une bourse de l’Institut fran­çais du Liban.
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Œuvres de l’expo­si­tion :

- La Rencontre, 2020. Diptyque. Acrylique sur toile, 125 x 150 cm.
- Le Voyage oni­ri­que, 2020-2021. Triptyque. Acrylique sur toile, 200 x 300 cm.
- Le Sommeil, 2021. Acrylique sur toile, 125 x 200 cm.
- Le Cirque du Soleil, 2021. Acrylique sur toile, 146 x 206 cm.
- L’Union un jour, 2021. Acrylique sur toile, 154 x 106 cm.
- La Mort dans l’âme, 2021. Acrylique sur toile, 135 x 205 cm.
- Autoportrait en Vénus, 2021. Acrylique sur toile, 155 x 120 cm.
- Vacances sous le Moulin, 1921. Acrylique sur toile, 160 x 121 cm.
- Entre le Rêve et la Réalité, 2021. Acrylique sur toile, 160 x 123 cm.

- Toucans à Collioure, 2021. Dessins en cou­leur sur papier, 32 x 25 cm.
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Collection de Musée  :

- La Promenade de la Mariée, 2020. Acrylique sur toile, 125 x 235 cm. Donation Claude et France Lemand. Musée de l’Institut du monde arabe, Paris.
- Afrique, Collioure, décem­bre 2020-jan­vier 2021. Cahier de 26 des­sins, 33 x 25 cm. Donation Claude et France Lemand. Musée de l’Institut du monde arabe, Paris.

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