ASSADOUR, Peintures.

Du 24 février au 3 avril 2016 - Espace Claude Lemand

  • Assadour, Tondo.

    Tondo, 2011. Gouache sur papier, diamètre 60 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Assadour. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Assadour, 19H30 GMT

    19H30 GMT, 2009. Huile sur toile, 114 x 146 cm. © Assadour. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Assadour, Obélisque.

    Obélisque, 2009. Huile sur toile, 81 x 100 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Assadour. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Assadour, Très petit Paysage IV.

    Très petit Paysage IV, 2000. Huile sur toile, 35 x 27 cm. Donation Claude & France Lemand. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Assadour. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

ASSADOUR, PEINTURES.

Claude Lemand.
Longtemps connu comme un vir­tuose et maître de la gra­vure contem­po­raine, Assadour a déve­loppé paral­lè­le­ment une œuvre riche et vaste de pein­tu­res sur papier et d’huiles sur toile. Il a ainsi réussi à élaborer son propre uni­vers, à partir de deux mou­ve­ments qui l’ont attiré et influencé : le cons­truc­ti­visme du Bauhaus et le sur­réa­lisme pari­sien.
Dans les gra­vu­res comme dans les pein­tu­res d’Assadour, les figu­res humai­nes et les figu­res géo­mé­tri­ques de base ont tou­jours été inté­grées à l’esquisse d’un pay­sage urbain, avec des cons­truc­tions archi­tec­tu­ra­les qui essaient de mettre de l’ordre dans le chaos du monde tel qu’il l’a vécu à Beyrouth, et tel qu’il le voit depuis tou­jours.

Joseph Tarrab.
La réflexion tech­ni­que d’Assadour se méta­mor­phose ainsi en médi­ta­tion quasi-spi­ri­tuelle. Le pei­gnage des plages colo­rées rap­pelle les pra­ti­ques des minia­tu­ris­tes et le sillon­ne­ment des jar­dins zen japo­nais, lieux de médi­ta­tion par excel­lence. Tout cela tra­dui­sant le côté « enlu­mi­neur moyen-orien­tal » d’Assadour, comme il l’avoue lui-même. Qu’il le veuille ou non, il est piégé par son voca­bu­laire formel et chro­ma­ti­que qui signi­fie en dépit et au-delà de la fina­lité qu’il lui assi­gne. L’espoir existe donc, en dépit de tout, au sein de la plus obs­cure des nuits. C’est normal : l’art n’exor­cise-t-il pas, ne conjure-t-il pas les démons assa­dou­riens, ne sauve-t-il pas le plas­ti­cien en lui per­met­tant de recréer la Création après l’avoir décréée, et la « décréa­tion » n’est-elle pas l’un des exer­ci­ces majeurs des hautes tra­di­tions spi­ri­tuel­les ? Mais ce n’est pas, en tout cas, pour Assadour, l’espoir d’une évasion de la pein­ture : comme le poète n’habite pas une terre mais une langue, le pein­tre n’habite pas le monde mais la pein­ture. C’est la seule mère-patrie dont per­sonne ne peut l’expul­ser. La pein­ture est son Arménie-Harmonie ina­lié­na­ble, son para­dis retrouvé ? Mais il dit ne connaî­tre que l’enfer. Disons son pur­ga­toire.

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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