HOMMAGE A BEYROUTH - Salâmun li Bayrût - CLAUDE MOLLARD.

Du 27 avril au 6 mai - Fonds Claude & France Lemand-IMA

  • MOLLARD, Liban. Baalbeck.

    Liban. Baalbeck, 2015. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • MOLLARD, Liban. Beyrouth 1.

    Liban. Beyrouth 1, 2013. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • MOLLARD, Liban. Beyrouth 2.

    Liban. Beyrouth 2, 2015. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • MOLLARD, Liban. Beyrouth 3.

    Liban. Beyrouth 3, 2015. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • MOLLARD, Liban. Beyrouth 4.

    Liban. Beyrouth 4, 2015. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

HOMMAGE A BEYROUTH - Salâmun li Bayrût - CLAUDE MOLLARD.

Le Liban de Claude Mollard
stig­ma­tes de dou­ceurs et meur­tris­su­res

2013. J’achève la pré­pa­ra­tion de l’expo­si­tion « Il était une fois l’Orient Express » à l’Institut du monde arabe. Je vou­drais la faire cir­cu­ler au Moyen-Orient où se ren­daient les voya­geurs après une escale à Istanbul. Une belle oppor­tu­nité de faire res­sus­ci­ter un passé cen­te­naire. Me voici donc au Caire puis à Beyrouth, en com­pa­gnie de mon ami Gilles Gauthier qui a été diplo­mate dans ces deux pays.

Au Caire, la place Tahrir est encore mar­quée par les mani­fes­ta­tions du Printemps arabe. Une superbe loco­mo­tive des années 1850 trône devant l’entrée de la gare. L’empire Ottoman croyait en l’avenir du train pour rap­pro­cher ses extré­mi­tés dis­ten­dues. Mais les col­lec­tions du musée du chemin de fer sont alors invi­si­bles. Le pays est en état de guerre civile. Elles ont été mises à l’abri. Le matin, on voit en cer­tains lieux les taches de sang lais­sées au sol par les répres­sions noc­tur­nes. L’Orient Express n’a pas sa place dans un tel contexte.

A Beyrouth, tout est plus calme. L’ambas­sa­deur de France nous accueille à la Résidence des pins. Nous pre­nons l’atta­che d’une asso­cia­tion de jeunes pas­sion­nés des che­mins de fer liba­nais. Je décou­vre ainsi les vieilles gares de Beyrouth, Tripoli et même Rayak, dans la plaine de la Bekaa. Romain Gary y a été avia­teur de la France Libre en 1942. Le cime­tière contient pêle-mêle les tombes des pétai­nis­tes et des gaul­lis­tes qui s’y sont affron­tés. Plus de 23 ans après la fin de la guerre civile (1990), ces gares sont encore cou­ver­tes des stig­ma­tes de la vio­lence armée. J’y pho­to­gra­phie les Origènes de l’auto-des­truc­tion, façon rouille et traces de mitraille. Nos ren­contres avec quel­ques gran­des famil­les de Beyrouth ne per­met­tront pas d’enga­ger l’iti­né­rance de l’Orient Express dans la ville. Trop cher, trop tard, ou trop tôt !

Retour au Liban en 2015 pour la pré­sen­ta­tion de mes photos, sélec­tion­nées par le pre­mier Prix de l’Ermitage. Exposition dans la « Villa rose » au siège de l’ESA, l’école supé­rieure des affai­res. Inauguration en pré­sence d’Emmanuel Bonne, ambas­sa­deur de France, et du minis­tre de la culture du Liban. Nouvelle visite à la Résidence des pins et son admi­ra­ble jardin. Photographies d’un Liban plus végé­tal, plus tendre et plus ancré dans sa longue his­toire, comme à Baalbeck où je me rends avec l’aide du minis­tre de la culture. Les forces de Daesh sont à quel­ques dizai­nes de kilo­mè­tres der­rière la fron­tière syrienne et l’ambas­sade inter­dit de s’y rendre : zone rouge ! Mais le minis­tre est proche du Hezbollah. Avec son aide, nous sommes reçus avec des bois­sons et des figues fraî­ches. Mes photos devaient être accro­chées dans la Résidence des pins. Mais les ambas­sa­deurs chan­gent et les pro­jets aussi.
Telles sont les deux ori­gi­nes de cette série consa­crée au Liban des dou­ceurs, des vio­len­ces, des para­doxes et des meur­tris­su­res. Mais un Liban qu’on ne cesse pas d’aimer.

Claude Mollard

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