Vladimir Velickovic

Né à Belgrade en 1935, VLADIMIR VELICKOVIC s’est éteint le 28 août 2019.

Claude et France Lemand et la famille de l’écrivain Claude Aveline, se joignent à ses très nombreux amis artistes, collectionneurs, historiens d’art et conservateurs de musées à travers le monde, pour présenter à son épouse et à ses enfants nos plus sincères condoléances et exprimer notre admiration et notre fidélité au grand peintre et dessinateur de génie qu’il fut.
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VLADIMIR VELICKOVIC

Né en 1935 à Belgrade. Vit et travaille à Paris. Diplômé de l’école d’architecture de Belgrade en 1960, Vladimir Velickovic choisit de se consacrer définitivement à la peinture et au dessin en 1962. Il part vivre à Zagreb et entre dans l’atelier d’Etat dirigé par Krsto Hegedusic. Le Musée d’Art moderne de Belgrade lui consacre une première exposition personnelle en 1963. Premier prix de peinture à la Biennale de Paris en 1965, il décide de s’installer l’année suivante dans la capitale française. En 1967, une exposition organisée à la Galerie du Dragon révèle son œuvre à la critique et au public. Il apparaît comme l’un des représentants de la Figuration Narrative.

En 1972, l’artiste découvre les recherches du photographe et précurseur du cinématographe, Edward Muybridge. Son travail donne alors à voir des corps en quête de mouvement, comme figés dans un déplacement impossible. L’ensemble de l’œuvre de Vladimir Velickovic est ponctué d’images de corps déchirés, de paysages désolés et d’animaux agressifs. La mort y est omniprésente. La palette restreinte au noir, gris, blanc et rouge sang accentue encore ce chaos.

Chef d’atelier à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Vladimir Velickovic a été élu à l’Académie des Beaux-Arts en 2005.

Vladimir Velickovic s’est éteint le 28 août 2019.


Encyclopaedia Universalis.

On ne sait ce qu’on peut admirer le plus dans les dessins et la peinture de Vladimir Veličković. Il est avec Dado et Ljuba l’un des trois peintres d’origine yougoslave qui, venus à Paris après la guerre, s’y sont fait connaître internationalement. Ayant reçu un diplôme de la faculté d’architecture de Belgrade, où il est né en 1935, et s’étant installé lui-même à Paris en 1966, il s’est tout de suite fait remarquer par le dynamisme et l’acuité de son trait, une sorte de violence contrôlée et de puissance baroque que Marc Le Bot, qui lui a consacré un livre important Vladimir Veličković, essai sur le symbolisme artistique (1979), préfère appeler un « vertige de la géométrie ». Selon Le Bot, « la peinture de Veličković semble renouer avec la plus ancienne tradition artistique, lorsqu’elle se donne à déchiffrer comme une allégorie de la destinée ». Orateurs, gibets, homme qui court, heurts, obstacles, états de saut, homme qui marche, naissance, homme décapité couché sur un brancard (l’une de ses plus belles toiles - elle lui fut inspirée par la mort de Topino-Lebrun, peintre révolutionnaire guillotiné par Bonaparte -, proposée par Alain Jouffroy en 1977 pour l’exposition Guillotine et peinture au Centre Georges Pompidou à Paris) : tous ses thèmes s’inscrivent en effet dans une allégorie de la vie humaine, conçue comme le paradigme universel de la méditation picturale. Des thèmes annexes, comme les lévriers en course, les expériences sur des rats, les oiseaux écrasés ou les boîtes détruites ne font que redoubler métaphoriquement les autres.

Mais cette peinture met en question l’orientation même de la peinture en Occident depuis le cubisme : elle réagit contre l’abandon de la figure humaine, sans jamais tomber dans l’académisme, et fait même de ce retour une sorte de provocation véhémente, sinon angoissée, qui rappelle de biais l’œuvre de Francis Bacon, avec qui Veličković a entretenu des relations amicales. (© Encyclopaedia Universalis en ligne)


Notice du Mac Val, Figure VII, 1992.

Arrivé en France en 1966 après des études d’architecture en Yougoslavie, Vladimir Velickovic peint depuis quarante ans la part sombre de l’humanité, à travers des représentations de paysages telluriques et de corps souffrants. Son engagement d’artiste devant la douleur des autres devient passion – ou besoin – de donner chair à la réalité par des moyens picturaux très étudiés : composition simplifiée, limitation de la palette chromatique, typologie restreinte des sujets. Pétries de références aux grands maîtres (Grünewald, Vinci, Goya…) et à l’histoire contemporaine, ses œuvres témoignent d’un respect de la tradition picturale tout en recourant à la photographie et aux images de presse comme document de travail. Le MAC/VAL conserve une lithographie caractéristique de cette démarche analytique, E. Muybridge’s Woman Figure in Motion, commandée à l’artiste à l’occasion de la Journée internationale de la femme en 1999.

Marqué dans sa jeunesse par les bombardements sur Belgrade en 1941, puis par la guerre de Yougoslavie en 1992, Vladimir Velickovic peint inlassablement des terres martyrisées, impossibles à localiser, donc universelles. Tel un metteur en scène, il recherche une efficacité théâtrale en deux dimensions par le biais d’un décor rejetant toute narration et tout artifice de moyens. Sa peinture est une réflexion sur le fonctionnement de l’image, volontairement insoutenable afin d’éviter l’écueil de l’indifférence. Par souci d’efficacité, il répète les mêmes images, sans compromis. 1992 #7 appartient à une série intitulée « 1992 », qui comprend de nombreuses acryliques sur carton ou sur papier (dont le musée possède cinq exemplaires) et cinq toiles monumentales, la sixième étant en cours d’achèvement. Réalisée sans études préparatoires, 1992 #7 est la troisième de ces grandes peintures.

Il s’agit d’une variation sur le thème de la guerre. Ayant pour support une toile de lin au grain fort et serré, non vernie et accrochée à 25 cm du sol, l’image incite le visiteur à y entrer par le trou d’obus situé sur le bord inférieur et à parcourir un chemin de croix visuel menant à une colline incendiée, parsemée de potences. Le somptueux camaïeu de couleurs variant du gris au noir contraste avec l’éclat rouge du brasier, témoin des atrocités commises par l’humanité prédatrice. Le corps en creux de l’Homme transparaît dans cette archéologie de la destruction que Velickovic peint inlassablement.
(Notice du MAC VAL accompagnant Figure VII, 1992)


Œuvres dans les Collections publiques :

Stedelijk Museum – Amsterdam (NE)
Pinacothèque régionale du Val d’Aoste – Aoste (IT)
Fondation Vincent Van Gogh – Arles (FR)
Pinacothèque nationale – Athènes (GR)
Musée Frissiras – Athènes (GR)
Musée d’Art Contemporain – Belgrade (RS)
Musée National – Belgrade (RS)
Galerie de l’Académie des Sciences et des Arts – Belgrade (RS)
Kunstsammlung – Bochum (DE)
Museo Civico – Bologne (IT)
Slovenska Narodni Galley – Bratislava (SK)
Musée National – Bratislava (SK)
Galerie d’Art Moderne – Brescia (IT)
Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique – Bruxelles (BE)
Museo de Bellas Artes – Caracas (VE)
Musée Bernard – Châteauroux (FR)
Instituteof ContemporaryArt – Chicago (US)
Musée d’Unterlinden – Colmar (FR)
RoyalMuseumof Fine Art – Copenhague (DK)
Museo Provincial de Bellas Artes – Cordoba (ES)
Staatliche Kunstsammlung – Dresde (DE)
Musée d’Art Contemporain – Dunkerque (FR)
Museum voor Schone Kunsten – Gand (BE)
Neure Galerie am Landesmuseum Johanneum – Graz (AT)
LandesMuseum– Hanovre (DE)
Museum Ateneum – Helsinki (FI)
Louisiana Museum– Humlebeak (DK)
Musée Cantonal des Beaux-Arts – Lausanne (CH)
Centre d’Art Contemporain – Lille (FR)
Centre d’Art Sacré Contemporain – Lille (FR)
Museumof Modern Art – Ljubljana (SI)
Museum Sztucki – Lodz (PL)
Tate Gallery – Londres (UK)
Lannan Foundation – Los Angeles (US)
Konsthall – Malmö (SE)
Musée Cantini – Marseille (FR)
Stadt Opera – Munich (DE)
Musée d’Art Moderne – Nîmes (FR)
Museum of Modern Art – New York (US)
AstrupFearnley Museum of Modern Art – Oslo (NO)
Henie – Onstad Foundation – Oslo (NO)
Galerie Nationale – Oslo (NO)
Musée National d’Art Moderne – Centre Pompidou – Paris (NO)
Musée d’Art Moderne de la Ville – Paris (FR)
Bibliothèque Nationale – Paris (FR)
Musée, Institut du monde arabe. Donation Claude & France Lemand - Paris (FR)
Fondation Pfizer – Paris (FR)
Ecole des Beaux Arts – Cabinet de dessins – Paris (FR)
Musée de l’Histoire Contemporaine – Paris (FR)
Historial de la Grande Guerre – Péronne (FR)
Museumof Modern Art – Rijeka (HR)
Museo de Arte Moderno – Rio de Janeiro (BR)
Museum Boymans van Beuningen – Rotterdam (NL)
Fondation Maeght – Saint-Paul de Vence (FR)
Museumof Modern Art – Skopje (MK)
Musée d’Art Moderne – Strasbourg (FR)
Sara Hilden Foundation – Tampere (FI)
Museumof ModernArt – Téhéran (IR)
Musée d’Art Contemporain – Thessalonique (GR)
Musée des Beaux-Arts – Toulon (FR)
Fast Gallery – Trondheim (NO)
Matti Koivurinnen Taidemuseo – Turku (FI)
Hedendaagse Kunst – Utrecht (NL)
Museo d’Arte Moderna Ca’Pesaro – Venise (IT)
Musée d’Art Contemporain – Vitry-sur-Seine (FR)
Library of Congress – Washington(US)
Museum Kenritsu – Yamagata (JP)
ContemporaryArt Gallery – Zagreb (HR)

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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