Manabu Kochi

Claude Lemand. Né en 1954 à Okinawa (Japon), Manabu Kochi complète sa formation à l’Ecole des Beaux-arts de Florence, réside à Londres et s’établit en France en 1981. Le caractère poétique, joyeux et coloré de ses peintures et de ses sculptures m’a fortement séduit dès notre première rencontre en décembre 1988. Sculpteur, peintre et graveur, il a réussi à élaborer un univers personnel, synthèse entre les Arts primitifs et les courants européens modernes les plus novateurs et positifs. Son œuvre post-moderne est imprégnée de philosophie et d’humour, de couleur et d’harmonie. Grâce à la Donation Claude et France Lemand du mois d’octobre 2018, les collections du Musée de l’Institut du monde arabe à Paris sont riches d’une très importante collection d’œuvres de Manabu Kochi.
Claude Lemand. Manabu Kochi. Artiste du Printemps.
Je suis heureux de célébrer le 38ème anniversaire de la fondation de ma galerie à Paris et les 38 ans de ma première rencontre avec l’artiste Manabu Kochi, par l’exposition d’un choix de ses peintures et de ses sculptures récentes, sous un titre qui résume bien sa vision positive du monde et de l’humanité : Manabu Kochi. Artiste du Printemps. Les formes si créatives et inspirées et les couleurs si éclatantes et vivantes de ses oeuvres sont l’expression de sa manière de vivre au monde, toujours positive, malgré la noirceur de l’histoire de l’Humanité, - dont il est bien conscient. Ses croyances bouddhistes de tradition japonaise dans l’unité du Vivant et l’harmonie de l’Univers, qui ont baigné son enfance et sa jeunesse dans l’île d’Okinawa, semblent être à la source de sa phénoménale imagination inventive d’innombrables êtres hybrides, dans une cosmique et éternelle métamorphose universelle, productrice d’une telle richesse de formes de Vie. C’est au-delà de toute imagination humaine !
Dès ma première rencontre à Paris en décembre 1988, avec Manabu et Midori son épouse, l’artiste m’avait dit : « Je suis plus pour l’harmonie que pour le conflit, pour l’harmonie entre tous les êtres vivants, qui est une grande richesse ; la recherche de la pureté est illusoire, car elle aboutit au fanatisme ». Cette réflexion est un manifeste de sa philosophie universaliste et pacifiste, opposée à toute dictature et à toute guerre, qui ne peuvent qu’engendrer la destruction, la mort et le malheur, comme ce fut le cas au Japon et sur l’île d’Okinawa dont il est originaire.
J’ai été séduit, dès notre première rencontre, par ses œuvres et sa personnalité si attachantes. Depuis, nous ne nous sommes plus quittés, nous avons tissé des liens d’amitié entre nos deux familles et établi un dialogue intellectuel et esthétique créatif et permanent. Dans ma galerie, dans les foires internationales, les musées et à travers les medias, j’ai fait de mon mieux pour mettre en valeur les peintures, les sculptures et les œuvres graphiques qu’il a su développer et enrichir d’année en année, par de multiples variations de thèmes, de formes et sur divers supports.
Au cours des dernières années, Manabu Kochi a connu une longue période difficile due au cancer qui l’a frappé et qu’il a traversée avec courage et détermination, comme une épreuve d’un feu régénérateur. Sa personnalité en est sortie encore plus forte et universelle, son art s’est renouvelé et approfondi. Il s’est saisi de moyens artistiques et personnels adéquats, pour exprimer non seulement l’harmonie et la beauté du monde, mais aussi des sentiments nouveaux dans son œuvre : son empathie face à tout événement tragique, sa colère devant les injustices, les crimes, les tortures et les massacres passés et actuels, sans jamais oublier de faire chanter les formes et les couleurs de l’espoir et l’annonce de la renaissance d’un Eternel Printemps, lui qui s’est toujours senti et défini comme Artiste du Printemps.
Durant les deux années de confinement dues au Covid, Manabu Kochi a réussi à créer un fabuleux ensemble d’œuvres – que j’aurai l’occasion d’exposer et de publier sous le titre générique « Peinture et Poésie » -, fait de grandes aquarelles et de livres d’artistes, résultats de son dialogue avec les textes de Marguerite Yourcenar (Le dernier amour du Prince Genghi), de Claude Aveline (Portrait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas et Monologue pour un disparu) et les deux grands poètes japonais du haïku (Matsuo Basho et Kobayashi Issa).
Je suis heureux et fier de témoigner que Manabu Kochi est un grand artiste, car il s’est montré à la hauteur des défis historiques que je lui avais proposé de relever au cours des dernières années, avec des peintures admirables pour exprimer son émotion et sa solidarité face à l’incendie de Notre-Dame de Paris en avril 2019, puis l’incendie du château de Shuri à Okinawa et face aux explosions du port de Beyrouth en août 2020. Elles seront publiées dans la monographie générale que la galerie compte lui consacrer en 2028, - pour célébrer le 40ème anniversaire de sa fondation et de notre rencontre, - avec les visuels de ses principales œuvres (peintures sur toile, peintures sur papier, sculptures en pièces uniques peintes et sculptures éditées en bronze), son Autobiographie, les commentaires de ses œuvres et les textes de divers contributeurs.
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Françoise Monnin. Loin des doutes désenchantés formulés par les plasticiens de la post-modernité, l’oeuvre de Manabu Kochi s’affirme comme une profession de foi toujours spontanée et renouvelée, une quête audacieuse de l’énergie fondamentale. Kochi est un artiste du Printemps. Manifestes pour l’Espérance, ses motifs dessinés et ses volumes modelés évoquent les naissances : les pépins, les germes, les boutons, les premiers stades de l’évolution. Les allures de concrétions tendres et embryonnaires de certaines sculptures murmurent la poésie de Hans Arp. L’érotisme ludique de leurs rondeurs polychromes rappelle parfois joyeusement l’allure mutine des morphologies à protubérances inventées par Miro.
Aquatique et cosmique, ce monde parle de souplesse et de silence. Autour de l’île d’Okinawa, faune et flore à cils, tentacules et antennes se balançaient doucement dans la Mer de Chine Orientale. Lorsqu’on naît insulaire, la liberté passe par l’eau et par l’air. « Je ne suis pas symboliste. Je ne cherche pas la signification, mais toutes les formes que j’aime. » Kochi génère spontanément des visions et sauvegarde soigneusement ses émerveillements enfantins. » (Françoise Monnin, 1991)
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Oeuvres dans les Collections publiques :
– Bibliothèque Nationale de France, Cabinet des Estampes, Paris.
– Collection Novotel d’art contemporain, France.
– Musée de plain air, Golf de l’Amirauté, Deauville, France.
– Musée municipal, Bailleul, France.
– Musée municipal, Oita, Japon.
– Musée d’art contemporain d’Okinawa, Japon.
– Bibliothèque d’art, University of Okinawa, Japon.
– Musée d’art, Sakima, Japon.
– Fundación Museo del Grabado Español Contemporáneo, Marbella, Espagne.
– Palm Hills Golf resort, Japon.
– Paris. Musée, Institut du monde arabe. Donation Claude & France Lemand 2018.
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