Chaouki Choukini

Claude Lemand.
Au cours de sa Séance Solennelle annuelle du 18 novem­bre 2015, l’Académie Française des Beaux-Arts a décerné à l’artiste liba­nais Chaouki CHOUKINI le Prix Pierre Gianadda de la Sculpture, pour récom­pen­ser l’ensem­ble de son oeuvre.

Né en 1946 à Choukine, sud du Liban. Formation à l’Ecole supé­rieure des Beaux-Arts de Paris, de 1967 à 1972. Il obtient le Prix de la Jeune Sculpture en 1978. Il entre­prend en 1984 avec sa femme un long voyage au Japon, qui sera un tour­nant dans sa vie et son oeuvre. De 1985 à 1987, il est pro­fes­seur de sculp­ture à l’Université liba­naise de Tripoli, et de 1989 à 1991, il est pro­fes­seur de sculp­ture à l’Université jor­da­nienne de Yarmouk. Depuis, il vit et tra­vaille en France. Nombreuses expo­si­tions, dont celle de l’Institut du Monde Arabe en 1991. Il obtient le Prix de la Fondation Taylor en 2010. Il par­ti­cipe avec 7 sculp­tu­res à l’expo­si­tion de l’IMA Le corps décou­vert, de mars à août 2012. » (Claude Lemand)

Marie-Odile Briot.
Sculpteur liba­nais (1946, Choukine). Il vient direc­te­ment de son vil­lage natal étudier à Paris. Depuis 1973, il expose régu­liè­re­ment à la Jeune Sculpture et dans les Salons. Choukini taille le bois et la pierre, le bois sur­tout. Maître absolu de sa tech­ni­que, du poli et des évidements, du rythme des vides et des pleins, il fait de la taille directe une péné­tra­tion de la matière par la lumière. Ses sculp­tu­res, comme sans masse, sem­blent n’être que le déve­lop­pe­ment de sur­fa­ces lais­sant affleu­rer des formes d’objets. Luth ou table de jeu, piano ou métier à tisser, ces machi­nes méta­phy­si­ques, « sobre­ment baro­ques » (Salah Stétié), émergent de la lumière pre­mière pour y retour­ner. On peut y trou­ver les cita­tions qui font la séduc­tion de la sculp­ture post­mo­derne. Mais si la sculp­ture moderne se défi­nit par la recher­che para­doxale de l’imma­té­riel, sa « folie de lumière » fait de Choukini l’un des sculp­teurs de ce siècle. (Marie-Odile Briot, Dictionnaire de l’Art moderne et contem­po­rain, Ed. Hazan, Paris, 1992).

Salah Stétié.
Ce liba­nais venu en France direc­te­ment de son vil­lage du Liban-Sud, sculp­tait alors dans le bois d’étranges cons­truc­tions, ima­gi­nai­res et sobre­ment baro­ques, dont l’évidence for­melle, pour­tant à la limite de l’oni­risme, s’impo­sait : c’étaient tout à la fois des monu­ments chi­mé­ri­ques, des damiers pour jeux de hasard antho­lo­gi­ques, des figu­ri­nes imbri­quées et impli­quées dans une sorte de “grand jeu” méta­phy­si­que. Depuis, Choukini s’est dépouillé au béné­fice des cour­bes et des plans : usant du maté­riau comme d’un cla­vier, il en tire de puis­san­tes et déli­ca­tes orga­ni­sa­tions for­mel­les sur les­quel­les se pose, comme au second degré, la sug­ges­tion figu­rante. Le mot “cla­vier” dans ce cas me paraît le plus propre à tra­duire l’effet recher­ché et obtenu qui est celui d’une musi­que, par­fois simple et pure à la façon d’une mélo­die, par­fois plus com­plexe et comme orches­trale. La musi­que muette des sculp­tu­res de Choukini est un défi à l’absurde canon qui tonne ici ou là pour tuer, mais il n’y par­vien­dra pas, l’âme et le corps du Liban, mon­ta­gne dure et tendre comme les sculp­tu­res et le sculp­teur dont je parle.

En 40 ans de pra­ti­que de la sculp­ture, Chaouki Choukini est resté fidèle à lui-même. Cet homme venu du Liban, pays de pier­res et de soleil, est tou­jours atten­tif à la sin­cé­rité des choses et des formes, ... pri­vi­lé­giant par moments la musi­que de la matière et par moments la repré­sen­ta­tion objec­tive. Cet équilibre savant fait frémir d’émotion cha­cune des créa­tions de Choukini. La sculp­ture de Choukini dit l’étrangeté poé­ti­que, et si sou­vent tra­gi­que, de notre condi­tion. » (Salah Stétié).

Collections publi­ques :
National Gallery of Jordan, Amman
Institut du monde arabe, Paris
Donation Claude & France Lemand 2018, Musée, Institut du monde arabe, Paris.
FNAC, France
FDAC, Val de Marne, France
Ville de La Verrière, Yvelines, France
Mathaf : Arab Museum of Modern Art, Doha, Qatar

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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