Mon Hommage à NOTRE-DAME - Une peinture de Nasser AL-ASWADI.

Du 15 au 18 avril - Musée. Institut du monde arabe.

  • Nasser AL-ASWADI, Notre-Dame.

    Notre-Dame, 2019. Oil and pigments on canvas, 190 x 135 cm. © Nasser Al-Aswadi. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

NASSER AL-ASWADI,
Salâm. A Nore-Dame.

Les dona­teurs Claude et France Lemand, bou­le­ver­sés par l’incen­die qui a ravagé, le 15 avril 2019, l’emblé­ma­ti­que cathé­drale Notre-Dame de Paris, ont demandé à des artis­tes du monde arabe et des dia­spo­ras, tou­chés eux aussi par ce drame, d’appor­ter leur témoi­gnage.

www.ima­rabe.org

Nasser Al-Aswadi (Yémen, 1978-France)

« Ce jour-là était triste et péni­ble pour de très nom­breu­ses per­son­nes à tra­vers le monde, leur coeur s’est consumé dans l’incen­die. Ceux qui ont visité Notre-Dame en gar­dent de beaux sou­ve­nirs, ceux qui ont lu des livres sont habi­tés par le désir de la voir, et les autres ont eu l’occa­sion de la connaî­tre en ce jour de mal­heur. Notre-Dame est un édifice d’une excep­tion­nelle beauté, il n’appar­tient pas aux seuls Parisiens et Français, mais il appar­tient au patri­moine his­to­ri­que de toute l’huma­nité, au-delà des fron­tiè­res et des croyan­ces.

La nou­velle de l’incen­die de Notre-Dame m’a comme fou­droyé. C’est elle qui m’avait accueilli les bras ouverts lors de ma pre­mière visite à Paris. Son sou­ve­nir est éternellement gravé dans ma mémoire. L’incen­die m’a fait penser à mon pays où la guerre s’accom­pa­gne de ruines, de désor­dres et de vols, comme dans les autres champs de bataille dans le monde !

J’ai accueilli avec beau­coup d’enthou­siasme et de désir l’invi­ta­tion de Claude Lemand à réa­li­ser une oeuvre et par­ti­ci­per à une expo­si­tion au musée de l’IMA, mêlés à des sen­ti­ments de crainte et de per­plexité : com­ment un artiste arabe peut-il répon­dre à la gran­deur de cet événement ?

Au fil des semai­nes et des mois, le projet m’est apparu comme une évidence : élaborer une oeuvre à partir des éléments cons­ti­tu­tifs de toutes mes pein­tu­res, le cercle et l’alpha­bet arabe. Pour moi, comme pour beau­coup de visi­teurs, la rosace est le coeur de Notre-Dame, et le vitrail de forme ronde en "lucarne" (qama­riyya = lucarne, de Qamar = Lune) est un élément fon­da­men­tal et cons­ti­tu­tif de la culture archi­tec­tu­rale du Yémen, selon notre dicton : "Les dia­bles n’entrent pas dans une demeure dotée d’une qama­riyya".

Comme dans mes autres pein­tu­res, le mot Salâm (Paix), répété des cen­tai­nes de fois, cons­ti­tue le fond de la pein­ture, comme un brouillard d’où émerge la rosace de Notre-Dame. Hélas et plus que jamais, le monde a besoin de Paix. »
(Nasser Al-Aswadi, tra­duit de l’arabe par Claude Lemand)

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