Mon Hommage à NOTRE-DAME - Une peinture de Boutros AL-MAARI.

Du 13 au 16 avril - Musée. Institut du monde arabe.

  • MAARI, Notre-Dame.

    Notre-Dame, 2019. Acrylique sur toile, diamètre 132 cm. © Boutros Al-Maari. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

BOUTROS AL-MAARI,
Hommage à Notre-Dame.

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Les dona­teurs Claude et France Lemand, bou­le­ver­sés par l’incen­die qui a ravagé, le 15 avril 2019, l’emblé­ma­ti­que cathé­drale Notre-Dame de Paris, ont demandé à des artis­tes du monde arabe et des dia­spo­ras, tou­chés eux aussi par ce drame, d’appor­ter leur témoi­gnage.

Boutros Al-Maari (Syrie, 1968-Allemagne)

« Peintre figu­ra­tif et nar­ra­tif, Boutros Al-Maari a tant observé et admiré la cathé­drale dans ses moin­dres détails, durant les années qu’il a vécues à Paris. Né en Syrie en 1968, il vient à Paris pré­pa­rer un doc­to­rat en his­toire de l’art et retourne à Damas en 2008 comme pro­fes­seur à la Faculté des beaux-arts dont il était diplômé. La guerre en

Syrie l’oblige à se réfu­gier en France puis en Allemagne.
Dans sa pein­ture de forme ronde, sym­bole de la grande rosace ouest de Notre-Dame, il des­sine l’édifice en proie aux flam­mes, la série de ses gar­gouilles et les per­son­na­ges du roman de Victor Hugo trans­formé en conteur tra­di­tion­nel (hakawâti) des cafés de Damas. Pour lui, Notre-Dame est le sym­bole de la Syrie mar­ty­ri­sée, comme dans cette autre toile Wâ Habîbati (« Syrie, mon Amour »), le Stabat Mater chanté en arabe par les Chrétiens du Levant durant la Semaine sainte. L’artiste a peint Notre-Dame en noir et blanc, comme toutes ses autres toiles récen­tes qui évoquent la Syrie d’hier et sur­tout celle d’aujourd’hui : deuil, exil et nos­tal­gie. »
(Claude Lemand)

« Peu de temps après mon retour à Damas en 2008, j’ai peint plus de 40 petits tableaux du même format que j’ai appe­lés Cahier de séjour. J’y ai mis de nom­breux sou­ve­nirs et impres­sions du Paris de mes années d’étude, … mais pas un seul tableau sur Notre-Dame, alors que c’était le pre­mier édifice où j’emme­nais tous les parents et amis qui me ren­daient visite ! D’où me vien­nent donc cette nos­tal­gie et cette peine que j’ai res­sen­ties ?

Le soir du 15 avril, je reçois d’un ami la photo de la cathé­drale en fumée. Je me connecte au net et je cons­tate que l’incen­die est bien réel. Je suis issu d’une famille catho­li­que pra­ti­quante, mais le choc que j’ai res­senti ne venait pas du sym­bole reli­gieux ou de la valeur archi­tec­tu­rale de l’édifice, mais du sen­ti­ment de perte et des sou­ve­nirs qui y étaient atta­chés, comme si le feu dévo­rait une part de son âme à jamais perdue, une agres­sion contre la mémoire per­son­nelle et uni­ver­selle que nul n’avait le droit de per­pé­trer.

L’artiste et l’écrivain que je suis serait porté à penser que c’est Victor Hugo qui a rendu célè­bre cette cathé­drale par son roman Notre-Dame de Paris, comme Monet rendit célè­bre la cathé­drale de Rouen. Je l’ai repré­senté en conteur, entouré de Quasimodo, Esméralda et la Vierge ; même les gar­gouilles de Notre-Dame, qui sont des figu­res du Diable, sem­blent écouter le récit de Victor Hugo et pleu­rer l’incen­die de leur cathé­drale !
Il est fré­quent que la valeur des choses qui nous entou­rent ne devienne cons­ciente qu’après leur dis­pa­ri­tion ; et je me rends compte à pré­sent que Notre-Dame était aussi impor­tante pour moi que tout le contenu de mon cahier de sou­ve­nirs ! »
(Boutros Al-Maari, 21.05.2019)

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