Portraits de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas - CLAUDE MOLLARD.

Du 11 au 13 mai - Musée. Institut du monde arabe.

  • Claude MOLLARD, Le hibou du figuier.

    Le hibou du figuier, 2002. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. Don de l’artiste. Fonds Claude & France Lemand-IMA 2020. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Claude MOLLARD, La chouette verdissante.

    La chouette verdissante, 2020. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. Don de l’artiste. Fonds Claude & France Lemand-IMA 2020. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Claude MOLLARD, Le Phénix immortel.

    Le Phénix immortel, 2002. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. Don de l’artiste. Fonds Claude & France Lemand-IMA 2020. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Claude MOLLARD, L’oiseau sacré du Lotus rose.

    L'oiseau sacré du Lotus rose, 2019. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. Don de l’artiste. Fonds Claude & France Lemand-IMA 2020. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Claude MOLLARD, L’oiseau aux plumes d’or.

    L'oiseau aux plumes d'or, 2019. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. Don de l’artiste. Fonds Claude & France Lemand-IMA 2020. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Claude MOLLARD, L’oiseau de la maison.

    L'oiseau de la maison, 2019. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. Don de l’artiste. Fonds Claude & France Lemand-IMA 2020. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Claude MOLLARD, Les oisillons téméraires.

    Les oisillons téméraires, 2019. Photographie originale, imprimée, signée et numérotée par l’artiste, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. Don de l’artiste. Fonds Claude & France Lemand-IMA 2020. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Claude MOLLARD, L’oiseau de vie.

    L'oiseau de vie, 2019. Original photo, printed, signed and numbered by the artist, 48 x 33 cm. Edition de 7 + 2 EA. Don de l’artiste. Fonds Claude & France Lemand-IMA 2020. Musée, Institut du monde arabe, Paris. © Claude Mollard. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

PORTRAITS DE L’OISEAU-QUI-N’EXISTE-PAS - CLAUDE MOLLARD,

Claude Lemand. Au cours de ses voya­ges à tra­vers la France et les cinq conti­nents, l’œil de Claude Mollard voit et capte des visa­ges dans les éléments cons­ti­tu­tifs de la nature et des envi­ron­ne­ments les plus divers, des êtres que son regard pho­to­gra­phi­que révèle à l’exis­tence. Ces êtres des ori­gi­nes, qu’il appelle Origènes, sti­mu­lent sa réflexion et pro­dui­sent un dis­cours paral­lèle - phi­lo­so­phi­que, moral et huma­niste -, qua­li­fié d’ « anthro­po­lo­gie ima­gi­naire » par Edgar Morin.
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Claude Mollard, Portraits d’oiseaux qui exis­tent sans exis­ter.

On dit que les oiseaux des­cen­dent des dino­sau­res. On dit qu’il en existe dix mille espè­ces. On dit que la beauté de leurs plumes serait un cadeau de Dame Nature au pou­voir de séduc­tion des mâles. On dit qu’ils sont en voie de dis­pa­ri­tion. On dit beau­coup d’autres choses encore. Je pré­fère regar­der, écouter, com­pren­dre par moi-même.

Je sais que l’oiseau est une prouesse de la nature. Qui n’a pas rêvé de pou­voir comme lui voler, mar­cher, nager, tout à la fois, mais aussi chan­ter, tel le ros­si­gnol, ou parler comme le per­ro­quet ?

L’oiseau, être mythi­que, repré­senté dès la Préhistoire, sym­bole de l’envol du cha­mane vers les uni­vers inac­ces­si­bles. Dans la grotte de Chauvet, gra­vure d’une chouette. Dans celle de Lascaux, le seul homme peint, à tête d’oiseau. Les sirè­nes de la mytho­lo­gie, Harpies et autres Erinyes, oiseaux à têtes de femme. Les anges, grands oiseaux à têtes d’homme aux ailes de mes­sa­gers des dieux.

L’oiseau est pour­tant modeste, sur­tout proche et inac­ces­si­ble. Il fait rêver les enfants. Un jour, à la sortie de l’école, je courus après un pigeon, mon père me dit, avec ses airs de vieux sage, « mets un peu de sel sur sa queue et tu pour­ras l’attra­per ! » Je fondis en pleurs d’impuis­sance.

Il est très dif­fi­cile de des­si­ner un oiseau - sauf s’il est empaillé - tout comme de le pho­to­gra­phier : pas de repos, pas de pose. Il faut une ren­contre comme celle de Picasso et sa Colombe de la Paix. Est-ce l’une des rai­sons pour les­quel­les Claude Aveline a écrit le Portrait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas ? Est-ce une invi­ta­tion à com­met­tre un acte para­doxal ? Ou plutôt une sug­ges­tion aux artis­tes de des­si­ner des oiseaux ima­gi­nai­res ? Jacques Prévert s’est amusé à l’exer­cice en fai­sant le por­trait d’un oiseau… des­siné à la plume en hom­mage au poète ! Claude Aveline nous invite à créer des por­traits qui n’en soient pas, dans l’immen­sité des pos­si­bles impos­si­bles. Comme si les seuls vrais oiseaux ne pou­vaient être qu’ima­gi­nai­res, dans la fidé­lité aux visions légen­dai­res.

Ainsi de ces huit pho­to­gra­phies que j’ai réu­nies à l’ini­tia­tive de Claude Lemand. Des Origènes, qui pour cette fois ne sont pas des por­traits humains, encore que les appa­ren­ces puis­sent être trom­peu­ses. Les oiseaux qui font rêver ne sor­tent-ils pas tout droit des pen­sées des hommes ? Claude Aveline nous incite à les char­ger d’huma­nité : Le rêve d’un oiseau-qui-n’existe-pas, c’est de ne plus être un rêve, écrit-il. Ainsi de mes huit drôles d’oiseaux ! Ce ne sont pas des rêves pour­tant, mais de vrais oiseaux puis­que je les ai pho­to­gra­phiés. Donc ils exis­tent ! Mes photos sont l’expres­sion exacte de leurs por­traits.

Et même s’ils n’exis­taient pas, mes oiseaux ne pour­raient pas être enfer­més dans une volière. Ils ne pour­raient plus voler libre­ment. Dans mon album, ils exis­tent, ils sont libres et ils vien­nent de par­tout. Ils sont nés dans la nature. Ils réu­nis­sent les quatre éléments des ori­gi­nes du monde, l’air dont la maî­trise fonde leur propre iden­tité, la terre qui nour­rit les arbres et les fleurs, le feu du Phénix éternel, et l’eau de l’oiseau du Lotus rose… dont ma plume peut des­si­ner les traits pour aider à mieux com­pren­dre qu’ils exis­tent, entre image, rêve ou réa­lité.

Les oiseaux de feuilla­ges, de fleurs, de fruits, de bois vivront encore long­temps, tant qu’il y aura des bois où ils puis­sent vivre en liberté et se pro­té­ger des filets que leurs ten­dent les hommes.

Copyright © Galerie Claude Lemand 2012.

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