ANTONIO SEGUI : TOUR DU MONDE EN TONDO.

Du 30 septembre au 30 octobre - Musée d'Issoudun + Espace Claude Lemand

  • Seguí, Tondo 1.

    Tondo 1, 2017. Acrylique sur bois découpé et collé sur toile, diamètre 120 cm. © Antonio Seguí. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Seguí, Tondo 2.

    Tondo 2, 2017. Acrylique sur bois découpé et collé sur toile, diamètre 120 cm. © Antonio Seguí. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

  • Seguí, Tondo 3.

    Tondo 3, 2017. Acrylique sur bois découpé et collé sur toile, diamètre 120 cm. © Antonio Seguí. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

ANTONIO SEGUI : TOUR DU MONDE EN TONDO.

Claude Lemand :
Né à Cordoba en Argentine, Antonio Seguí voyage en Europe et en Afrique, étudie la pein­ture et la sculp­ture en France et en Espagne de 1951 à 1954. Il a sa pre­mière expo­si­tion per­son­nelle en Argentine en 1957. Il entre­prend alors un long voyage à tra­vers l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale, séjourne au Mexique pour étudier toutes les tech­ni­ques de la gra­vure et revient en Argentine en 1961. Il s’établit à Paris en 1963, puis à Arcueil où il vit et tra­vaille.

Dans ses tondos, Antonio Seguí a l’habi­tude de faire un clin d’oeil à ses illus­tres devan­ciers : son Manpower de 1998 salue l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci et la com­po­si­tion de Tondo 2 et Tondo 3 de 2017 peut rap­pe­ler l’Oculus de Mantegna, de Goya ou celui de Delacroix. Mais le Tondo 1 est-il un clin d’oeil au Bain turc d’Ingres ou la Rose de la Vierge Marie, grand vitrail de Notre-Dame de Chartres ? Vus à la même échelle, la proxi­mité des formes et de la com­po­si­tion de la Rose et du Tondo 1 m’a paru évidente. Chaque artiste por­te­rait en lui non seu­le­ment l’héri­tage cons­cient des oeu­vres des siè­cles passés qu’il a pu voir au cours de sa vie, mais aussi l’héri­tage incons­cient des formes cultu­rel­les mil­lé­nai­res de l’huma­nité ?

Daniel Abadie :
« Seguí ne pro­pose pas de lec­ture de ses tableaux. Son sens de la liberté, son humour pro­fond se refu­sent à obli­ger. Comme cer­tains de ses per­son­na­ges sem­blent courir l’un vers l’autre quand d’autres sem­blent se fuir, ses images atten­dent du spec­ta­teur qu’il leur apporte sa part de sens, sa part de rêve. C’est parce qu’elle cor­res­pond ainsi si plei­ne­ment à la défi­ni­tion qu’Umberto Eco don­nait de l’œuvre ouverte que la pein­ture de Seguí peut conti­nuer à nous faire passer tour à tour, de toile en toile, de l’ombre à la lumière, du jour à la nuit, du plein au vide et de la terre au ciel. » (1)

« La nos­tal­gie du monde argen­tin est part essen­tielle du tra­vail d’Antonio Seguí, en ce qu’elle intro­duit une manière de dis­tor­sion dans sa pein­ture, une sorte de non-adhé­sion à l’image : nos­tal­gie d’un pays quitté, mais d’un pays si sem­bla­ble au nou­veau qu’elle permet la dis­tance du regard, sans ris­quer de verser dans l’exo­tisme. L’artiste nous invite à suivre, au moyen d’une ligne tracée sur la toile, le regard des pro­me­neurs noc­tur­nes de ses parcs jusqu’à l’objet de leur concu­pis­cence, il faut suivre Seguí dans le long péri­ple de ses séries pour appren­dre à voir, à l’inté­rieur du bocal de ses toiles, s’agiter sans espoir d’en sortir les figu­rants de notre monde. » (2)

1. Daniel Abadie, Antonio Seguí, Peintures, sculp­tu­res, gra­vu­res (1980-2004), Centre d’Arts Plastiques, Royan, 2005.
2. Daniel Abadie, Antonio Seguí, Musée des Beaux-Arts, Mulhouse, 2003.

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